LIVRE SOIXANTE-ONZIEME
faire en Angleterre. Le pape étoit fort embarrassé; il voyoit un roi jeune et puissant, et craignoit, s'il étoit refusé, qu'il n'embrassât le schisme , de quoi aussi les envoyés le menacoient, particulièrement les laïques. D'ailleurs, il ne pouvoit se résoudre à renvoyer l'archevêque dans un pays où il étoit regardé comme un ennemi public, et d où il étoit sorti comme par miracle; il lui sembloit que c'étoit l'envoyer en prison combattre contre son geôlier. Les cardinaux augmentoient son embarras ; car la plupart , accoutumés à la complaisance pour les princes , vouloient que l'on accordât au roi ce qu'il demandoit. Enlin, le pape tint ferme à ne rien ordonner au préjudice de l'archevêque en son absence ; et les envoyés , ne voulant pas l'attendre , s'en retournèrent en Angleterre sans avoir reçu la bénédiction du pape. Ils se pressèrent même de sortir de France, où ils ne se trouvoient pas en sûreté, tant parce que l'on croyoit qu'ils portoient beaucou}) d'argent , que parce que tout le monde éloit favorable à l'archevêque. Le pape, de son côté, cassa la sentence donnée à Northampton contre lui par les évêques et les barons d'Angleterre (1).