XIII. Thomas devant le pape
Cependant Thomas partit de Saint-Bertin , accompagné de l'abbé et de Milon, évêque de Thérouane, qui le conduisirent à Soissons. Le roi Louis y arriva le lendemain ; et apprenant que l'archevêque étoit dans la ville, il alla descendre de cheval à son logis , et le visita le premier. Il lui témoigna la joie qu'il sentoit de le recevoir en son royaume , lui promit sûreté, et l'obligea à recevoir de sa libéralité tout ce qui lui seroit nécessaire. Thomas partit quelques jours après accompagné des officiers du roi, pour aller à Sens trouver le pape (2). Il fut reçu froidement par les cardinaux, mais il ne laissa pas d'avoir audience du pape, qui témoigna compatir beaucoup à ses peines, et lui ordonna d expliquer le lendemain, en présence des cardinaux, les causes de son exil. Ce jour-là donc, étant assis le premier après le pape, il voulut se lever; mais le pape voulut qu'il parlât assis, et il dit : Quoique je ne sois pas fort habile, je n'ai pas toutefois assez peu de sens pour quitter sans sujet le roi d'Angleterre ; car si j'avois voulu lui être complaisant en tout, il n'y auroit personne en ses états qui ne m'obéît absolument ; et si je voulois à présent changer de conduite, je n'aurois pas besoin de médiateur pour rentrer en ses bonnes grâces. Mais parce qu'on a obscurci en nos jours la dignité de l'église de Cantorbéry, j'aimerois mieux mourir mille fois que dissimuler les maux que nous souffrons : voyez vous-même de vos yeux ce qui en est. Alors il tira l'écrit
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