XIV. Parents de Thomas bannis
Mais la douceur de cette reirailf fut troublée (iu('lqu(; temps après par les exilés qui venoient trouver l'anhevêque ; car le roi d Angleterre, irrité de la bonne réception que le roi de France et le pape lui avoient faite, et de la protection qu'ils lui donnoienl, lit confisquer tous les biens de l'archevêque et des siens, et bannit tous ses parents, ses domestiques et ceux qui avoient quelque liaison avec lui, sans épargner ni les vieillards décrépits, ni les enfants au berceau , ni les femmes en couches (1). Il fit jurer à tous ceux qui étoient en âge de le faire, d'aller trouver l'archevêque en quelque lieu qu'il fût, pour l'affliger par leur présence ; enfin, il défendit de prier pour lui dans l'église. H venoit donc tous les jours , au saint prélat , grand nombre de ces exilés, dont toutefois plusieurs demeurèrent en Flandre, ayant été absous par le piipe de leur serment, en considération de leur sexe, de leur âge et de la rigueur de la saison. Les autres venoient à Pontigny, fatiguer l'archevêque par leurs cris et leurs plaintes des maux qu'ils souffroient pour sa cause. ]\e pouvant les garder auprès de lui , il les envoyoit en divers pays avec des lettres de recommandation ; et ils trouvoient partout du secours, tant par la compassion que Ion avoit d'eux , i\ui\ i)ar rindignati(m qu'exciloit la cruauté du roi d'Angleterre. Jl y eut même de ces bannis qui se trouvèrent mieux au lieu de leur exil que dans leur patrie.
XV. Fermeté de saint Gilbert de Semprin^'aiii. Entre ceux qui furent persécutés à <ause du
(1) Vila il, c. Ul. Cicivas. Ciir. UOô.
AndeJ.-C. 1165.]