XXII. Canonisation de Charlemagne
L'empereur Fridéric tint à Aix-la-Chapelle une cour plénière à Noël mil cent soixantecinq , où , à la prière de Henri, roi d'Angleterre, et du consentement et par le conseil de tous les seigneurs, tant séculiers qu'ecclésiastiques , il fit lever le corps de l'empereur Charlemagne pour la canonisation duquel il avoit assemblé cette cour , et la cérémonie s'en fit le vingtneuvième de décembre. C'est ce que témoigne l'empereur Fridéric dans la bulle d'or qu'il en fit expédier le huitième de janvier de l'année mil cent soixante-six. Un auteur du temps ajoute que Fridéric mit le corps de Charlemagne dans une châsse d'or , ornée de pierreries , et que l'on commença à Aix-la-Chapelle à en faire la fête comme d'un saint, par l'autorité de l'archevêque de Cologne (1). Le corps de Charlemagne avoit déjà été découvert l'an mil par l'empereur Othon III ; mais, quoiqu'il eût été trouvé sans corruption, et que l'on dît dès lors qu'il se faisoit des miracles à son tombeau , on n'en célébra point la fête , et on continua de faire son anniversaire comme pour les autres défunts. Ce n'est que depuis cette canonisation de Fridéric IJarberousse que Charlemagne a commencé d'être honoré comme saint d'un culte public en quelques églises particulières ; et , quoique cette canonisation fût faite de l'autorité d'un antipape , les papes légitimes ne s'y sont pas opposés (2j.