LIVRE SOIXANTE-ONZIEME
AndeJ-C. 1166]
prêtre du titre de Saint-Pierre-aux-Liens , et Olhon, cardinal-diacre du titre de Saint- Nicolas-dc-la-Prison. Leur pouvoir ne s'élendoit que dans les terres de deçà la mer, qui obéissoient au roi d'Angleterre; mais ils y avoient toute la plénitude de puissance que peuvent avoir des légats. C'est ce qui paroit par la lellre du pape au roi d'Angleterre , et encore plus par celle qu'il écrivit aux évêques de son royaume, où il dit qu'il envoie ces légats pour prendre connoissance de l'appel qu'ils avoient interjeté contre l'archevêque de Cantorbéry, et des autres causes qu'ils jugeront à pro|>os , et pour les terminer canoniquoment (1). Cependant, ajoute-t-il , si quelqu un de ceux que Tan hevêque a excommuniés se trouve en péril de mort, celui de vous qui se trouvera le plus proche pourra l'absoudre après avoir pris son serment, que, s'il revient en santé, il obéira à notre commandemont sur ce sujet, la lettre est datée du palais de Latran, le premier décembre. Mais, dans
lalettreà saint Thomas, le pape dit seulement -- i...c trAe^nnmiP
qu'il envoie ces légats i)our rétablir la paix | d'Angleterre des lors Ires^nnue. entre le roi et lui par une amiable composition, l'exhortant à s'y rendre facile, attendu la circonstance du temps et le besoin que son église a de sa présence (2). Vous pouvez , ajoute-t-il, vous contier entièrement en ces cardinaux, et vous ne devez avoir aucun soupçon de Guillaume de Pavio; car nous lui avons enjoint très-expressément de travaillera votre paix de tout son pouvoir, et il nous la promis de manière à no nous pas permettre d'en douter. C'est que le pape savoit que Thomas se défioit avec raison do ce cardinal. 11 finit en priant l'an hevêque d'exhorter le comte de Flandre à subvenir par quelque libéralité considérable au besoin présent de l'église romaine.
les villes d'alentour; et, ne pouvant prendre Rome par force , ils essayèrent de la gagner par argent, en sorte que plusieurs d'entre le peuple, cédant à leurs largesses, jurèrent fidélité à l'antipape Pascal et à l'empereur Fri-
déric.
Le pape Alexandre, de son côté, exhortoit les Romains à lui demeurer fidèles , et à ramener les villes voisines. 11 leur offroit même de l'argent pour cet effet; mais il ne put rien gagner sur ce peuple , qui , feignant de vouloir plaire aux deux partis , n'étoil fidèle à aucun. Or, Alexandre avoit reçu de Sicile un secours d'argent considérable. Car le roi Guillaume I", surnommé le mauvais, étoit mort à Paierme, sa capitale, le dernier jour d'avril, cette année mil cent soixante-six , après avoir ré né douze ans, et avoit laissé pour successeur son fils, âgé de douze ans, nommé aussi Guillaume.et depuis surnommé le bon. Le père en mourant, laissa au pape quarante mille sterlings , et le fils lui en envoya encore autant l'année suivante (1). C'étoit une monnoie