LIVRE SOIXANTE-ONZIEME
(1) Thriod. Gr. Domin. Orthodox.
et assise avec lui sur le trône à la droite de Dieu le père , enrichie des avantages de la divinité, sans préjudice des propriétés de chaque nature.
5. Anathème à ceux qui rejettent les expressions par lesquelles les pères établissent la doctrine de l'Eglise, d'Athanase, de Cyrille, d'Ambroise, d'Amphiloque, de Léon, trèssaint archevêque de l'ancienne Rome et des autres, et qui ne reçoivent pas les actes du (juatrième et du sixième concile œcuménique.
6. Anathème à ceux qui ne reçoivent pas cette parole de Notre Seigneur : Mon père est plus grand que moi , comme les saints l'ont expliquée en différentes manières. Les uns , selon la divinité , parce que le père est le principe de sa génération ; les autres selon les propriétés naturelles de la chair qu'il a prise, comme d'être créée, bornée et mortelle. Mais qui disent que cette expression ne s'entend que de la chaire séparée de la divinité par la simple pensée , comme si elle ne lui étoit pas unie. Et qui ne prennent pas cette séparation par la simple pensée comme les pères l'ont prise , en parlant de la servitude ou de l'ignorance, et non pour faire injure à la chair de Jésus-Christ, au lieu que ceux-ci comprennent dans cette séparation les propriétés naturelles qui sont véritablement dans la chaire unie à la divinité.
7. Anathème au prétendu métropolitain de Corfou, Constantin de Bulgarie , qui dit que cette parole de Notre Seigneur ne se doit pas entendre par rapport à l'union hypostatique des deux natures , mais par rapport à la chair séparée de la divinité par la simple pensée , et semblable à celle des autres hommes (1). Quoique saint Jean Damascène ne parle de cette séparation par la pensée qu'au sujet de la servitude et de l'ignorance , et non des propriétés naturelles de la chair de Jésus-Christ, Constantin n'a pas voulu suivre la doctrine du quatrième et du sixième concile, et est ainsi tombé en diverses hérésies. 8. Anathème à tous ceux qui sont dans les sentiments du même Constantin , déposés et odieux ( omme lui 9. Anathème au très-ignorant et faux moine Jean Irénique, à ses écrits contraires à la saine doctrine , et à ceux qui les embrassent et qui disent, que quand Notre Seigneur a dit : Le père est plus grand que moi , il ne la pas dit en tant que son humanité est unie hypostatiquement à la divinité, mais en tant qu'elle en est séparée par la pensée , comme si jamais elle n'y avoit été unie.
Ces canons furent souscrits par l'empereur, et gravés sur des pierres que l'on mit dans l'église de Sainte-Sophie, à gauche en entrant. Ils furent aussi insérés dans le synodique que les Grecs lisent à la fêle de l'orthodoxie ou du rétablissement des saintes images , qui se célèbre le premier dimanche de carême , comme on voit dans leur livre nommé Triodion. Théo-
(1) Dainasc. m, Or. 60, c.ai.
dore Balsamon , auteur du temps, ajoute que ce concile de Constantinople, qu'il nomma le grand concile, déposa plusieurs ecclésiastiques pour avoir seulement vu les écrits d'irénique sans les avoir ouvertement condamnés (1). Quant aux accusations proposées contre le patriarche Luc , elles furent trouvées si peu considérables, qu'il demeura dans son siège.
XXXYIII. Autres constitutions pour l'église grecque.
La même année , six mil six cent soixantequatorze, mil cent soixante-six, indiclion quatorzième, le lundi onzième d'avril, le même patriarche Luc présida à un concile, où assistèrent trente métropolitains et les officiers de l'empereur. Nicolas Hagiothéodorite, métropolitain d'Athènes, s'y plaignit que l'on abusoit d'un décret synodique, fait environ cent trente ans auparavant par le patriarche Alexis , qui tolèroit le mariage du six au septième degré, pourvu qu'on n'eut pas demandé permission de le contracter ; c'est-à-dire qu'en ce cas il n'étoit pas déclaré nul , mais les parties étoient mises en pénitence , parce qu'on supposoit qu'elles Tavoient contracté par ignorance. Sous ce prétexte, ceux qui vouloient contracter ces mariages, quoiqu'ils connussent leur degré de parenté , se gardoient bien d'en demander la permission qui leur auroit été refusée , et les contractoient librement comme permis. Le patriarche Luc abolit cet abus , et déclara nuls ces mariages par le décret de ce concile , en conformité duquel l'empereur Manuel donna un édit du même mois d'avril , indiction quatorzième , publié au mois de mai suivant {2).
L'empereur Juslinien, ayant bâti l'église de Sainte-Sophie, y établit un droit d'asile, dont on abusoit, pour se mettre à couvert des plus grands crimes ; ce qui obligea l'empereur Constantin Porphyrogénète d'ordonner que celui qui auroit commis un homicide de guet-à-pens seroit tiré de l'asile pour être relégué en un lieu éloigné de celui où il auroit commis le crime, enfermé dans un monastère, rasé et condamné à pratiquer la vie monastique tout le reste de sa vie. Mais l'empereur Manuel , considérant rinconvénient de cet engagement forcé de moines sans vocation, ordonna que le criminel seroit condamné à une prison perpétuelle, et ne seroit admis à la profession monastique qu'en cas qu'il la désirât et après des épreuves rigoureuses. La constitution est du même mois d'avril, indiction quatorzième, l'an six mil six cent soixante-quatorze, mil cent soixanle-six, et on dit quelle fut faite à celte occasion. Un
(1) Cinna, p. 149, D.
Sup. 1. xLviii. Id can. 46.
Apost.
(2) JusGraeco-Rora, lib.
3, p. 217.1b p. 284.Thcod.
Bals, in JXomocan. lit. 13, p. 186. Jus Graeco-Rom. I.
Hi
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HISTOIRE DU CHRISTIANISME
[An de J.-C. 1106.
AndeJ.-C. 1167. ]