LIVRE SOIXANTE-DOUZIÈME
rémission de ses péchés. Dans les six mois, arriva son différent avec le roi et son exil, pendant lequel il ût encore consulter l homme de Dieu.
Cette dernière année, c'est-à-dire au mois de mars mil cent soixante-dix , l'archevêque, fatigué de la longueur de son exil , envoya secrètement à Godric lui demander quelle seroit la fin de ses maux. L'envoyé fut prés de huit jours sans pouvoir parler au saint ermite, qui enfin lui fit ouvrir sa porte et lui dit : Dites à votre maître qu'il ne se trouble point , il rentrera bientôt dans les bonnes grâces du roi, il sera réiabli avec honneur dans son église, et les Anglois en auront plus de joie qu'ils n'ont été affligés de son exil. Il est vrai que cette sérénité feinte sera troublée par une injustice et une cruaulé inouie , mais God ic ne sera plus en ce monde ; dites-lui encore, et lui répétez que dans neuf mois ce qui le regarde sera entièrement fini. Godric fit plusieurs autres prédictions que l'événement véri fia, et découvrit souvent les pensées secrètes ; il guérit des malades et fit plusieurs autres miracles. Enfin, accablé de vitîillesse et d'infirmités, il mourut le jeudi de 1 octave de l'Ascension , vingt-unième d'avril mil cent soixante-dix.