‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 2241 sur 2407 · LIVRE SOIXANTE-DOUZIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SOIXANTE-DOUZIEME

des bénéfices. Dans les causes pécuniaires entre les clercs , celui qui aura perdu sera condamné aux dépens envers sa patrie. On n'ajoutera point d'autre préface à la messe outre les dix qui sont en usage dans l'Eglise, et ce sont les mêmes que nous disons encore à présent. On ne donnera point l'eucharistie trempée sous prétexte de rendre la communion plus complète : c'étoit donc dès-lors l'usage le plus commun de ne prendre que l'espèce du pain. On ne consacrera que dans un calice d'or ou d'argent, non d'étain. Les mariages clandestins sont défendus , et ceux des enfants au-dessous de l'âge prescrit par les lois et les canons sont déclarés nuls (1). C'est qu'il étoit ordinaire aux princes d'accorder leurs enfants dès le berceau.

En ce concile , les clercs de Roger, archevêque d'York, citèrent l'archevêque de Cantorbéry pour répondre devant le pape sur deux prétentions de leur prélat , savoir, qu'il pouvoit faire porter sa croix dans la province de Cantorbéry , et que les quatre évêchés de Lincoln, de Chester, de Worchester et d'Herford dévoient être suffragants d'York.

Geoffroy, évêque de Saint-Asaf au pays de Galles , pressé par la pauvreté et par les raquinze (1). Arrivant à Londres ils trouvèrent vages des Gallois , s'étoit retiré en Anglerarchev(''que Richard prêt à y tenir un concile, terre ^2) , où le roi Henri l'avoil reçu favoracomme il fit le dimanche avant l'Ascension,

LUI. Concile de Londres.

La paix étant rétablie en Angleterre, les deux rois, le père et le fils, y retournèrent ensemble au mois de mai de l'an mil cent soixante-

dix-neuvième jour de mai , dans l'église de Saint-Pierre de W estminster. Tous les évêques suffragants de Cantorbéry s'y trouvèrent, excepté celui de Worchester, qui étoit malade , et celui de INorvick, qui étoil mort. Richard y présidoit comme archevêque , primat et légat du saint-siège. A sa droite étoit l'évéque de Londres , comme doyen de léglise de Cantorbéry ; à sa gauche l'évéque de Winchester , comme chantre de la même église ; ensuite les autres évêques et les abbés , selon l'ordre de leur sacre. L'archevêque fit un sermon éloquent, puis il fit lire les canons que l'on avoit dressés du consentement du roi et des seigneurs. Ils sont au nombre de dix-neuf, tirés la plupart des anciens conciles; et voici ce que j'y trouve de plus remarquable.

Défense à ceux qui sont dans les ordres sacrés d'exercer des jugements de sang, c'està dire où il échel mutilation de membres, peine alors très - fréquente. Défense à tout prêtn; d'exercer la charge de vicomte ou de prévôt séculier; c'est que l'ignorance des laïques obligeoit de donner à des clercs les charges de judiciïture (2). Les causes de séculiers, où il s'agit de peine C4)rporelle, ne seront point traitées dans les églises ou les cimetières, quî sont au contraire des asiles pour les criminels. Les moines et les clercs ne feront aucun trafic ; les moines ne tiendront point de fermes, et les laïques ne tiendront point à ferme

{V Gervas. p Ui9, lo.

lO,Conc. p. UJl

i\oger.

blement , et lui avoit donné en garde l'abbaye d' Abendon , qui étoit vacante , pour en jouir jusqu'à ce qu'il eût la liberté de rentrer dans son siège. Le clergé de Saint-Asaf se plaignit au concile de Londres que Geoffroy ne vouloit point retourner à son église , quoiqu'il en eût été admonesté par le pape Alexandre. L'archevêque Roger, de l'avis du concile, lui ordonna de retourner ou de renoncer à lévêché ; et Geoffroy prit ce dernier parti , espérant que l'abbaye lui demeureroit. Il résigna donc l'évêché entre les mains de l'archevêque , lui remettant son anneau et sa crosse ; et l'archevêque sacra en sa place évêque de Saint-Asaf un docteur nommé Adam, Gallois de nation. Le roi donna aussi l'abbaye d'Abendon à un moine : ainsi Geoffroy perdit l'un et l'autre. On croit que c'est le même que Geoffroy Artus ou de IVlanmouth qui a écrit une histoire des anciens Bretons depuis le roi Brutus, leTroyen, jusqu'au roi Artus , rempli de quantité de fables , et qui a traduit les prophéties de IVlerlin (3).

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