‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 2244 sur 2407 · Act. ap. JJar · texte numérisé non relu

Act. ap. JJar

(4; Tom. 10, Conc. p.

An de J.-C. 1176. j

Tout ce qu'ils avoient conquis, qui leur avoit été donné appartenoit à l'ordre, pourvu qu'il eût été possédé par les Sarrasins de temps immémorial , nonobstant les titres anciens que l'on eût pu produire. Les clercs de l'ordre dévoient vivre en communauté, portant le surplis, administrer les sacrements aux chevaliers et instruire les enfants. Ils dévoient gouverner les églises nouvelles bâties par l'ordre, et elles étoient exemptes, à l'égard des évêques , de dîmes et de toutes redevances. Tout l'ordre étoit exempt des interdits généraux, et ceux qui le composoient ne pouvoient être interdits ni excommuniés que par un légat à latere : ce qui s'étendoit à leurs familles et leurs serviteurs. En reconnoissance de ce privilège, l'ordre devoit payer au pape tous les ans dix malaquins, sorte de monnoie d'Espagne. C'est ce qui paroît par la bulle du pape Alexandre , souscrite par treize cardinaux , et datée de Fèrenlino, le cinquième de juillet rail cent soixante-quinze.

LVll. Hugucion, légat en Angleterre.

Le roi d'Angleterre étoit mal satisfait de la reine Aliénor son épouse, par le conseil de laquelle ses enfants lui avoient fait la guerre (1). Il l'a voit fait enfermer dans une forteresse ^ et vouloit même la répudier, et on crut que c'étoit le principal sujet pour lequel il demanda au pape un légat. Le pape lui envoya Hugues ou Hugucion, cardinal -diacre du fi Ire de Saint- Ange, c'est-à-dire de Saint-lVlichel, qui étoit de la famille de Pierre de Léon. H arriva en Angleterre à la fin du mois d'octobre mil cent soixante-quinze, et fut reçu avec grand honneur par le roi, qui vouloit gagner ses bonnes grâces. Dès son arrivée, il permit au roi de poursuivre devant ses officiers laïques les clercs accusés d'avoir chassé dans ses bois, ce qui fut trouvé très-mauvais parle clergé d'Angleterre, et on accusa le légat de s'être laissé gagner par les libéralités du roi.

Au commencement de l'année suivante, c'est-à-dire à la conversion de saint Paul, vingt-cinquième de janvier, le roi d'Angleterre tint à Norlhamplon une grande assemblée de prélats et de seigneurs où vint Guillaume, roi d Ecosse, qu'il avoit délivré de prison à de dures conditions, etl'avoit obligé à lui rendre hommage, et fait promettre aux évêques du pays de reconnoîlre pour supérieur l'archevêque d'York (2). Il vint donc à cette assemblée par ordre du roi Henri , amenant avec soi Richard, évêque de Saint-André, Josselin , évêque de Glascow , et tous les autres èvtVjues , abbés et ses seigneurs d'Ea>sse. Le roi d'Angleterre leur ordonna de faire à l'église anglicane la même soumission

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