XLIV. Ktat du royaume de Jérusalem
Le royaume de Jérusalem s'affoiblissoit de plus en plus, tant au dedans par la divisiiui des seigneurs (1) , qu'au dehors par leur mauvaise conduite avec les infidèles. La maladie du roi liaudouin IV se déclarant plusouver tement pour être la lèpre, et le re .(lajil incapable d'agir, il entra en soupçon contre lioémond, prince d'An.ioche, et Uaymond , comte de Tripoli, croyant qu ils lui vonloient oler le royaume. 11 icsolul (Umr d » marier sa sœur Sibile, veuve du marqiii de MoiuiiiTat ; «l , au lieu de la donner a un des plus puissants seigneurs du pays, il la m :ia préripilannnenl à un jeune François, (iu, de Lusignan , iWs de Hugues le brun, coîiil;' de la Marche. Ce mariage se tit pendant rociave <le i*à(|ues, contre la coutume {-2). ii un aulie coté, Arnaud de Chàlillon H M seignenr de Carae, ville forte sur la fronlière de Syrie, noiiimée par les anciens la pi( rre du désert, parce qu'elle est à Tenlrée du désiit d'Arabie, sur une haute montagne, et érigée par les Latins enarchevèché. Arnaud alloil souvnit en partie hors de ceil,' piace, et, sai s avoir éi^ard au\ trêves faites avec Saladin, il rilcva plusieurs caravanes de marchands q. il mil aux fers, après avoir pillé les richesss(» dont ils éloient chargés. Il voulut même exécuter U!i dessein qu'il avoit depuis plusieurs années , de cfjurii* jusqu'aux portes de la Mecque, et il rn (ii les préparatifs. Mais l'émir, qui conuïia idoil en Syrie en étant averti , se mit en campa..îne, et, sans vouloir combattre contre Arnaud, se contenta d'assurer le passage aux pélvrins de la Mecque. Quelques mois après, un vaisseau, portant (juinze cents chrétiens, lit naufrage auprès de Damietle, et Saladin lit mettre aux fers tous ceux qui s'en étoient sauvés, et confisqua les marchandises, puis il envoya demander au roi de Jérusalem la liberlé de tous les musulmans qu Arnaud de (^hàlillon et les templiers de Carac avoicnt enlevés, et satisfaction de toutes les hostilités commises par les chréliens au préjudice de la (rêve. A faute d'y satisfaire promplement , Saladin lui déclaroit la guerre, et menacent de trailer les chrétiens qu'il tenoit l'ommè les ten);>li«TS traiteroient leurs pri niers. Le roi Baudouin renvoya avec mépris l officier de Sala-
(1) G.Tyr. xxii, c 2.
(•1, 1(1. c 28. Vie de Saladin, MS. n • ilSI.
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(lin , craignant de déplaire aux templiers, qui faisoi !il p'ofcs.sini, dt n"oi;eir (;uau [ape (I aux .^upériiurs ut» .eur ordre, et qui ne vc»-loient pas relài lier le butin qu ils avoicnt fail sur les caravanes. Ainsi, ils obligèrent h; roi à faire la guerre, contre l'avis de tous I s sdgneurs, car il u'avoit que deux on trois mill(» honmies de pird , et se|)l cents chevaliers, au lieu quc^ Saladin éloit à la tête de vingt mille hommes.