‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 2310 sur 2407 · LV. Origine eies Vaudois · texte numérisé non relu

LV. Origine eies Vaudois

Quant aux hérétiques nommés en ce décret, les cathares ou paterins sont I(»s nouveaux mafiichèens, de)nt ne)us avons si souvent parlé; lespassaginsou passages vouloientque la le)i mosaïque fut observée à la lettre, (»t nioie'nt la Trinité; ils condamnoient Ls pères e't te)ute l'église romaine (-2). Leur nom se juble \enir du grec /?./Av.y»/o5, te»ut saint. Mais L's hunnliés et h's pauvres de Lyon mérit<»nt une attention particulière, car leurs commencements avisent été bons. Les humilie^^ parurent premièrement en Lombardie ; c'ètoienl dos hommc»s et des femmes qui vivoient en commun dans une grande' pauvreté, porteiient &.s habits fe)rt rudes ; et, dans leur conle^na -ce, le»urs discours et te)utes leurs manières d'agir, témoignoie'nl une grande hundiitè. Ils subsistoient principale»ment du iravail de leurs mains, et ne po.ssededent rien en pn^pre. Il y ave)il entre eux des laïque's presque tous \ol- Irés, et ils disoient te)ut re)iriee canonial du jemret de la nuit; plusieurs ne mangeoient point de» chair s ils n étoient grièvement malades, et ne porle)ienl pe>int do linge*. Les lémnjes de cet institut étoie»nt tell-miMit élejignee's des hejmmes, qu ils ne les vovoienl [;as même à l'eglisi», et un nmr les separoit au sermim. Le pape a\oit approuvé leur institut, et avoit permis aux cIitcs et aux l.iï:|ues lettrés de prêcher, non-seu'.emenl dans le»urs maisons, mais dans les places publiques et élans les église'S, du cimsente'ment d» s prélats, ils avoient lait ainsi grand nombre île' conversiems, e't s'ete>ient nmltiplii's en peu de temps ; car, outre ceux qui vivoient en comnum , pliisie'urs à lejr persuasie)n vive)ient sainlehUMit dans le me)nde avec leurs fennnes et leurs enfants. Ces humiliés éloienl lormid.ibles aux manichéens, qu ils coid'enh!e)ienl publiii.jeme»nt, et decouvre)ieLt leurs artilices; et ils en convertissoient plusieurs, ilo n'est pas de ces humiliés qu il fan entendre» le dèeret élu pape Lueâus , mais de ceux qui , prenant l'usseme'ut ce nom, s ingere)ienl à prêcher sans mission, à ente»ndre les confessieHis, et diriger, entreprenant sur le ministère ecclésiastique (3).

Les pauvres de Lyon sont plus connus sous le nom de vaudois, et h»ur se'cte connnenca en mil cent soixante à celle occasion. Plusieurs ne)tabh's bourge'e)is étant a^se'nd>lés à Lve>n, un d eux mourut subitement e'u leur présence ; l*i(»rre Aalele>, qui eloit di» la compagnie, fut tellement frappe de cet aceident, qu il distri-

criim^, sans c aindre ele vie)le'r la maxime^ non Ois in idem, dont la défense' fut vingt ans auparavant la principale cause de la persécu-

't) Sup. liv. i,x\i, p. .'J.

ol) V.Lang.glo.ss. l'ateriiii. lionacurs. to. l.J, Spi- <'il. p. 75. Al). Ursporg. an.

1212. Jac. Vilric. Hist.Oc-

cid c 28. Gang, gloss.

Hudiil. I

(.'<j Al)b. Ursperg. ann. | 1212, p. 318.

bua aussitôt aux pauvres une grande somme d'argent: ce qui en attira quantité à sa suite. 11 le»s exhorta à embrasser la pauvreté volonîaire, à liniitation de Jésus-Christ et des apôtres ; et comme il étoit un peu lettré , il leur expliquoit le texte du ne)uv(»au Testament en langue vulgaire. Les ecclésiastiques l'entreprirent, i accusant de témérité; niais il méprisa leurs réprimandes et continua d'enseigner, disant à ses disciples que le clergé, corrompu dans ses mœurs, envioit lei.r sainte vie et leur doctrine (1). On les nomma vaudois du nom de leur maître, ou lèonistcs, à cause de la ville de Lyon , ou sabatés et insabatés , à e-ause' de' leur chaussure singulière, soit qu'ils pe)rlassent des sabots ou des souliers découpés en croix par-dessus (2j. 11 ne faut pas confondre ces nouveauv hérétiques avec les cathares ou albigeois, beaucoup plus anciens, et on ne voit pas qje ceux-ci eussent encore d autre erreur que l'estinie û, la pauvreté oisive, le mépris de faute)! Ile' u'u clergé. J'ai parlé des arnaudistes; mais je ne trouve rien des josèpins ou mése)pins, car ils se trouvent aussi nonmies en dilfercuts exemplaires.

LVL Suite du concile eie Vérone.

A l'occasion de ce concile, il vint à 'Vérone des ecclésiastiques de divers pays, qui avoient été ordonnés par les schismatiques du temps du pape Alex.melre (3). L'empere»ur pria instaunne'ut le pape Luciusde leur faire la grâce de lesrèhabiliti'r, et le pape y condescendit d aborel ; en sejrte qu'il leur permit de présenter leurs re'quètes, afin d accorder à chacun la dispense, selon la diflérence des cas. Mais le lendemain, il changea d avis, et dit, que la suspense ce)ntre ces ecclésiastiques a\ ant été prononcée à Venise dans le concile général en mil C(»nt ôOi\a:ite-dix-sept, ne pou voit être révoquée que dans un pareil coïicile; et il promit iïi^w tenir un à Lyon pour cette affaire. On attribua ce change ment à Conrad , archevêque de Mayence, et à Conrad , ève'que de \\ ormes, et le»s Allemands s'en plaignirent hautement, en sorte que les cardinaux di.soient qu'ils demandoient grâce en menacanî.

On traita aussi à Vérone d'une autre affaire importante, savoir, l'élection de l'archevêque de Trêves (4). Ce grand siège étant vacant par le décès de l'archevêque Arnold , le chapitre se trouva partagé entre l'archieliacre Volmar, et le prévôt Rodolphe. On convint de se rassembh'rà Iheure de none pour terminer ce schisme; mais Volmar prévint l'heure, et se litélireet introniser par une partie. Rodolphe, venant avec les siens à l'heure marquée, pro-

(1 lU'iner. Conc. Vald.

c. 5. Caiig. Sab.ilali.

(2) Ebrard. Conc. Vald.

(3; Arnold. Lubec. ni, c. 10.

(i) Mag. Chr. Belg. p.

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

[An de J.-C. 1185.

testa de faire casser l'élection de Yolniar. Sur quoi Tempereur Fridéric ayant assemblé les seigneurs à Coblentz, ils ju«,'èrent quen celte occasion il pouvoit choisir une personne capable. Il donna l'investiture à Rodolphe, et Yolmar se pourvut devant le pape. Le pape et l'enapereur soutenoient chacun celui dont ils ayoient pris la protection, ils se séparèrent ainsi sans avoir pu convenir. Ce schisme dans Teglise de Trêves dura sept ans. L'empereur Fridéric vouloit encore que le pape couronnât empereur son fils Henri ; mais le pape le refusa, disant que Fridéric devoit donc quitter la couronne, et qu'il ne pouvoit y avoir deux empereurs ensemble.

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