‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 2385 sur 2407 · LIVRE SOIXANTE-QUATORZIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SOIXANTE-QUATORZIEME

(1; Sup. liv. lAxiii, II 58, 2, net. p. 7i5.

(2) Nan«. Chr. an. Alb(*ncClir. il'jy. Jac. Vilr

liisl. Occid. ('. 8.

(3) Disl. i\, c 27.

(i) Hist. Ucc. c. ull, iii, eclit. 13%.

Philippe de Dreux évéque de lîeauvais, peti t-hls du roi Louis le gros, ayant plus d'é^ gard a sa naissance qu'à sa profession étoit un prélat guerrier. Il fut pris par les Anglois au mois de mai mil cent (luatre-vin-tseize, dans une course que Ht le comte "de Mortain avec le chef des Rrabancons (1) car lis vinrent piller jusqu'aux portes de Reauvais, et l'evr^que sortit j)our les repousser accompagné de plusieurs nobles et du peuple arme. Peut-(Hre croyoit -il pouvoir prendre les armes contre ces Rrabancons , ennemis publics et excommuniés au concile de Latran sous Alexandre III. Il fut pris et traité durement dans sa prison , et il s'en plaignit au pape Celestm par une lettre dont il chargea l'évéquc d Orléans son frère, et qui avoit été précédée de plusieurs autres (2). Il ne manque pas d'y relever la circonstance des Rrabancons employés par le roi d'Angleterre, et prétend que ce prince a encouru les censures ecclésiastiques en le faisant prendre. 11 en demande justice au pape, et lui fait entendre que s'il ne la rend, il se rendra lui-même complice Le pape lui répondit qu'il n'a voit que ce qu'il meritoit pour avoir voulu faire le guerrier contre le devoir de sa profession, et avoir pris part alaguerre injuste que le roi deFrance faisoitau roi d'Angleterre pendant qu'il étoit absent pour la croisade. Je nelaisse pas, ajoute t-il, d'écrire en votre faveur au roi d'Angleterre; mais je ne puis en cette occasion que le prier, et non lui rien recommander. Le roi Richard ayant reçu la lettre du pape, où il le prioit de délivrer son cher frère l'évèque de IJeauvais, lui envoya la cotte de mailles avec laquelle le prélat avoit été pris, et lui fit dire • Voyez si c'est la robe de votre frère, faisant allusion a une parole de l'Ecriture, suivant l'usage du temps (3). L'évèque ne fut délivré qu'en mil deux cent deux , la sixième année de sa prison.

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