‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 264 sur 2407 · XVII. Second voyage de Charles à Rome · texte numérisé non relu

XVII. Second voyage de Charles à Rome

Sur la fin de celte année sept cent quatrevingt, le roi Charles vint en Italie, où le pape l'appeloit depuis long-temps, et il désiroit lui-même ce voyage; mais 1(« guerres des Saxons l'avoient retenu jusqu'alors. 11 célébra la fête de iNoël à Pavie, où il passa Ihiver; et de là il s'achemina vers Uome (5). A Parme, il rencontra Alcuin , déjà fameux pour son savoir et sa vertu , qui nvenoit de Rome, rapportant le pallium pour Enbalde , archevtH|ue d'York, qui l'y avoit envoyé. Le roi, l'ayant entretenu, lui fit pnimettre qu'il reviendr(»il en France, quand il se seroit acquitté de sa commission. Enbalde venoit de succéder à Elbert , archevêque d'York , décédé en sept cent

(l) Cedr. p. i09.

(5^ An. Loisel. Vita Aie.

(S) V.Caiig Gloss.

tom. 5, Ad sancl. Heii. p.

(3) Theoph. p. JSl.

152, V. Mahil. loia. AcU

(i) Theoph. p. 375.

Ben. p. 160, 152.

An de J.-C. 782.]

soixante-dix-neuf, et il avoit succédé à Egbert, mort en sept cent soixante-cinq, après avoir tenu ce siège trent(vquatre ans.

Le roi , étant arrivé à Rome pour la seconde fois, y fit baptiser à Pàque, sept cent quatrevingt-un , son fils Carloman , par le pape Adrien, qui le leva lui-même des fonts, et rhangea son nom en celui de Pépin. Ensuite , il le sacra roi d'Italie, et son frère Louis, roi d Aquitaine. Car Charles l'avoit aussi amené avec la reine Ilildegarde, son épouse, mère de ces deux princes , qui étoient encore

enfants.

Depuis le premier voyage de Charles à Rome, le pape Adrien lui avoit souvent fait des plaintes de Léon, archevtkjue de Ravenne, qui s'étoit mis en possession de la plupart des villes d'Emilie, savoir : Faïence, Forlinq)opoli, Forli, Césène, Ik)bio,Comacchio, Imola, Bologne et le duché de Ferrare , prétendant que le roi Charles les lui avoit données, avec toute la Pentapole (1). Le séjour des empereurs et des exarques de Ravenne avoit donné de l'ambition aux archevêques; ainsi, il n'est pas étonnant qu'à l'exemple des papes, ils voulussent attribuer à leur église de grandsdomaines, et avoir part aux libéralités des princes françois. Ces contestations ne finirent que par la niort de l'archevêque Léon. Le roi , de son côté , se plaignit au pape de ce que les Romains vendoient des esclaves aux Sarrasins, et de la vie déréglée des évêques d'Italie (2). Quant à ce second article, le pape le nia absolument, et soutint que c'éloil une pure calomnie. Quant au premier, il dit que c'étoient les Grecs qui , naviguant sur les côtes des Lombards, avec lesquelsilséloient d'intelligence, en recevoient des esclaves, et qu'il avoit fait son possible pour l'empêcher, jusqu'à faire brûler, dans le port de Centumcelles , des vaisseaux des Grecs , et les retenir eux-mêmes en prison. Le pape se plaignit encore au roi des Napolitains, qui avoient usurpé les patrimoines de saint Pierre, et pris Terracine conjointement avec les Grecs. Mais les affaires KMuporelles des églises, même de l'église romaine , ne sont pas la matière de l'histoire ecclésiastique : c'est pourquoi je n'entrerai pas dans ces sortes de détails. Au retour de Rome, le roi Charles vint à Milan, et y fit baptiser sa fille Gisèle (3) , qui venoit de naître , par l'archevêque Thomas , qui fut aussi son parrain.

XVIIl. Retraite de saint Villehade.

L'année suivante, sept cent quatre-vingtdeux, les Saxons, poussés par Yitiquind, se révoltèrent encore , et persécutèrent ceux qui s'étoient convertis, mais principalement les pnV lres,qui travailloient à leur instruction (4). Saint

(1 ) Cod. Car. Ep. 5i, 5a, (i) Annal . Patav. Loisel.

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