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XXXIV. Qualricnie session. Autorité des pères

La quatrième fut encore deux jours après , savoir, le premier jour d'octobre sept eut quatre-vingt-sept. Le patriarche Taraise ordonna que l'on apportât les livres des panî, pour montrer la tradition de l'Eglise. L(;on( >, secrétaire de l'empereur, commença à lire ies passages de l'Ecriture touchant les chérubins, qui couvroient l'arche d'alliance, et qui or-

(S) p. 159. Sup. n. 28, Conc. p. 02.

Wîii

(1) Sup. n. li, p. 17i, E.

(3) Sup. 1. >L,n.ll,t.O,

Conc. p. COO.

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

[AndeJ.-C. 787.

noient le dedans d'un temple. Ensuite on lut un passaj^e de saint Chrysostôme touchant les images de saint Mélèce, que les fldèles gardoient; et un autre, où il parle avec respect des images (1). Un de saint Grégoire de Nysse, où il dit avoir été touché de la peinture du sacrifice d'Abraham (2). Puis la description du tableau qui représentoit le martyre de saint Euphémie , fait par saint Astcre d'Amasée. Un passage de la vie de saint Anastase, Persan, et un autre de ses miracles. Sur quoi les légats du pape répondirent : Cette image de saint Anastase est encore aujourd hui à Rome dans un monastère, avec son précieux chef (3).

Ce dernier passage monlroit que Dieu fait des miracles par les images ; et pour le confirmer on lut un discours attribué à saint Athanase, contenant le récit d'un prétendu miracle arrivé à Béryte sur une image de Jésus-Christ, percée par les juifs, dont il sortit du sang , qui guérit plusieurs malades (4) . Le concile fut touché de cette lecture jusqu'à répandre des larmes; toutefois, il est certain que cette pièce n'est point de saint Athanase , et il y a même grand sujet de douter de la vérité de l'histoire qu'elle contient (5). Ainsi, de tant d'évéques qui assistoient à ce concile, il ne paroît point qu'il y en eût aucun assez Tersé dans la critique ; car on y rapporta plusieurs autres pièces fausses. Ce qui ne fait rien pour la fermeté de la décision du concile, puisqu'elle est suffisamment appuyée de pièces vraies. Seulement c'est une preuve de Tignorance du temps , et de la nécessité de connoîlre l'histoire, la chronologie, la différence des mœurs et des styles, pour discerner les pièces authentiques des apocryphes.

On lut ensuite deux lettres de saint Nil, dont on se plaignit que la seconde avoit été falsifiée par les iconoclastes , et l'on remarqua que dans leur faux concile, on n'a voit pas apporté les livres des auteurs, mais seulement des extraits en feuilles volantes. On lut un passage des actes de saint Maxime, où il est dit que lui et les évêques monothélites, qui Vétoient venus trouver, se mirent à genoux levant les Evangiles, la croix et les images d(^ Jésus-Christ et de la Sainte- Vierge, les saluèrent et les touchèrent de leur main , pour confirmer leurs promesses (6). Sur quoi Constantin deJChypre dit que ce salut éloit une adoration, puisqu'il s'adressoit aux Evangiles, a la croix et aux images tout ensemble.

On lut le canon quatre-vingt-deuxième du sixième concile, c est-à-dire du concile de TruUe , qui ordonne de peindre Jésus-Christ en sa forme humaine , au lieu de l'agneau que

(1) P. 198. Ex. XXV, 17, |). 212.

Kum. VU; 89. Ezech. XLI, (4) P. 218.

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