XXVIII. Mort d'Agalhon. Léon II pape
Les légats du pape Agathon, étant à Constantinople, obtinrent, à sa prière, une lettre de l'empereur, par laquelle il modéroit la somme que l'on avoit accoutumé de donner pour l'ordination du pape, à condition toutefois que le pape nouvellement élu ne seroit ordonné qu'après que le décret d'élection auroit été porté à Constantinople, suivant lancienne coutume, et que l'empereur auroit donné son consentement. Le pape Agathon vécut peu après le concile. Il donna au clergé de Rome une distribution d'argent, et deux mille cent quarante sous d'or pour le luminaire de l'église des apôtres, et de Sainte-Marie-Majeure. Il fit en une ordination dix prêtres et trois diacres , et d'ailleurs dix -huit évêques. Après avoir tenu le siège deux ans et demi , il mourut , et fut enterré à Saint-Pierre le dixième de janvier, jour auquel l'Eglise l'honore conune saint (3).
On élut à sa place Léon Sicilien, fils de Paul, qui sa voit le grec et le latin, étoit éloquent, instruit des saintes Écritures et du chant ecclésiastique, appliqué à instruire, aimant les pauvres et la pauvreté (4). Son ordination fut différée à l'ordinaire jusqu'à ce que l'on eût reçu le consentement de l'emptTeur ; et l'on rapporte à cette élection de Léon une formule qui reste de la relation que l'on envoyoitde Rome pour cet effet (5). Cependant les légats, qui avoient assisté au concile , arrivèrent à Rome au mois de juillet six cent quatre-vingt-deux, indiction dixième, apportant des lettres de l'empereur, pour remettre à l'église romaine les contributions de blés que fournissoient les patrimoines de Sicile et de Calabre, et d'autres impositions dont l'église étoit surchargée (6). Aussi les légats furent reçus à Rome avec grande joie. Ils apportèrent les actes du concile, et deux lettres de l'empereur en confirmation : l'une au pape Léon, l'autre à tous les conciles dépendant du saint-siège, c'est-à-dire aux évêques d'Occident qui lui avoient écrit (7).
(1) P. lOU, lOiS, 1053, (3) P. 1073,C; 1076,1085,
-060, lî. E.
(1) Anast. in Agalh.
(2) Ep.Const. t. 6. Conc.
(3) Martyr. R. lOjanv.
(4) Anast. in Léo.
(5) Ap.P.Con.Chr.p.lOO.
(6) Ep. Léon. t. c. Conc.
p.lll3,A.Anasl.inJoan.V.
(7) T. 6, Conc. p. 1200, 1185, V. nol. p. 244.
AndcJ.-C. 682. J
Dans la lettre au pape, l'empereur parle ainsi decelled'Agathon : Nous l'avons fait lire publiquement ; et elle a été trouvée conforme aux saintes Ecriturc^s , aux conciles et aux pères. Ainsi nous l'avons tous reçue avec joie, comme si saint Pierre eût parlé. 11 n'y a eu que Macaire d'Antioche qui a refusé opiniâtrement de s'y conformer, comme vous verrez par les actes. Lui et ses complices nous ont prié de les renvoyer à vous, ce que nous avons fait, et nous laissons tout ce qui les regarde à votre jugement paternel. A la fin, il prie le pape de lui envoyer au plus tôt un légat.
Enfin , après que le saint-siège eut vaqué dix mois , le pape Léon II fut ordonné le dimanche dix -neuvième d'octobre six cent quatre-vingt-deux , par trois évéques, André d'Ostie , Jean de Porto, un des légats au concile, et Placentin de Vélilre, parce que le siège d'Albane étoit vacant. L'année suivante il renvoya à Constantinople Constantin, sous-diacre régionnaire du saint-siége, qui avoit assisté au concile chargé d'une lettre pour l'empereur du septième de mai , indiction onzième six cent quatre-vingt-trois , où il dit , parlant des actes du concile : Les ayant soigneusement examinés, nous les avons trouvés conformes à ce que les légats nous avoient rapporté ; et nous avons vu que ce sixième concile a suivi exactement les cinq précédents. Nous avons eu aussi très-agréable l'édit de votre piété, qui, avec la décision du concile , fait comme un glaive à deux tranchants pour exterminer les hérésies. C'est pourquoi nous consentons à la définition du saint concile sixième, et la confirmons par l'autorité de saint Pierre, le recevant comme les cinq autres conciles (1). Nous anathématisons les inventeurs delà nouvelle erreur, savoir: Théodore de Pharan, Cyrus d'Alexandrie , Sergius, Pyrrhus, Paul et Pierre de Constantinople , et encore Honorius, qui, au lieu de purilier cette église apostolique par la doctrine des apôtres , a pensé renverser la foi par une trahison profane. Nous anathématisons aussi Macaire, jadis évoque d'Antioche, Etienne, son disciple,ou plutôt son maître, l'imposteur Polychrone, et tous leurs semblables. Nous avons fait tous nos efforts , comme vous nous y exhortez par votre lettre, pour les instruire et les ramener à la vraie foi, mais ils sont demeurés opiniâtres (2).
Macaire et les autres condamnés par le concile et relégués à Rome y furent enfermés en divers monastères (3). Il y en eut deux à qui le pape rendit la communion , savoir : Anastase, prêtre , et Léonce , diacre de l'église de Constantinople, qui avoient été envoyés avec les autres, quoique le concile ne Ips eût pas anathématisés. Le pape les reçut à la communion le jour de l'Epiphanie six cent quatrevingt-trois, après qu'ils eurent donné leur con-