LIVRE QUARANTE-QUATRIEME
sont tantôt victorieux et tantôt vaincus , sa victoire est éternelle, les dons de Dieu sont sans repentir (1). C'est-îi-dire que l'on ne peut accuser d'idolâtrie l'Eglise entière sans faire injure à Jésus-Christ. Le concile de Constanlinople dit que les six conciles œcuméniques ont conservé la beauté de l'Eglise en son entier (2). Le concile de iSicée répond : Depuis le concile œcuménique jusqu'au conciliabule contre les imag«?s , il n'y a que soixante-dix ans. Or il est clair que l'usage des images ne s'est pas introduit dans cet intervalle. Il est plus ancien que le sixième concile ; et , si l'on veut dire la vérité, il a commencé avec la prédication des apôtres, comme on voit à l'œil par les églises bâties en tous lieux ; et comme les pères et les historiens nous le témoignent. Il rapporte ensuite le canon du concile de Trulle touchant la peinture de l'agneau de Dieu , regardant ce concile comme une suite du sixième (3).
Le concile de Constanlinople dit : Les chrétiens étant insensiblement retombés dans l'idolâtrie. Dieu a suscité nos fidèles empereurs , imitateurs des apôtres , pour notre perfection et notre instruction , et pour détruire les forteresses du démon. Le concile de INicée relève l'impiété de cette flatterie, et dit que ces évéques , assemblés à Constanlinople , doivent instruire et perfectionner les autres , puisqu'ils étoienl les dépositaires de la tradition. En parlant du sixième concile, le faux concile de Constanlinople et le second concile de JNicée nomment toujours le pape Honorius entre ceux qui y furent condamnés , sans que les légats du pape, qui éîoient présents, s'en plaignissent (4). Ce que je me contente d'observer ici une fois pour toutes.
La réfutation montre ensuite que le concile de Constanlinople se contredit au sujet des images de Jésus-Christ , accusant les catholiques d'établir tout ensemble les deux hérésies de INestorius et d'Eutichès, ce qui est impossible , puisqu'elles sont diamétralement opposées. On répond à leurs sophismes , en disant que l'on peint Jésus-Christ selon la nature par laquelle il a été visible , et que l'image n'a que son nom et non pas sa substance (5) Mais nous ne divisons pas pour cela les deux natures, puisque l'image de l'humanité rappelle en nous l'idée de Jésus-Christ entier, c'est-àdire du verbe incarné , comme l'image d'un homme ordinaire rappelle l'idée de son âme avec celle de son corps.