‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 294 sur 2407 · XXXVIII. Sepliémesession.DéÛDilionde foi · texte numérisé non relu

XXXVIII. Sepliémesession.DéÛDilionde foi

La septième session du concile de Nicée fut tenue huit jours après la précédente , le trei zième jour d'octobre sept cent quatre-vingtsept. Théodore, évêquede Tauriane, en Sicile, lut la définition de foi du concile en ces termes (1) : Ayant employé tout le soin et l'exactitude possible, nous décidons que les saintes images, soit de couleur , soit de pièces de rapport, ou de quelqu'autre matière convenable , seront proposées comme la figure de la croix , tant dans les églises , sur les vases et les habits sacrés, sur les murailles et les planches, que dans les maisons et dans les chemins. C'est à savoir, l'image de Notre Seigneur Jésus-Christ, de sa sainte mère, des anges et de tous les saints. Car, plus on les voit souvent dans leurs images, plus ceux qui les regardent sont excités au souvenir et à l'affection des originaux. On doit rendre à ces images le salut et l'adoration d'honneur , non la véritable latrie que demande notre foi , et qui ne convient qu'à la nature divine. Maison approchera de ces imairc^ l'encens et le luminaire, comme on en use à l'égard de la croix , des Evangiles et dt's autres ( hoses sacrées ; le tout suivant la pituse coutume d( s nneiens. Car Ihonneur de l'image passe à l original , et celui qui adore l'image adore le sujet qu'elle représente. Telle est la doctrine des saints pères et la tradition de l'Eglise catholique. Nous, suivons ainsi le précepte de saint Paul , en retenant

les traditions que nous avons reçues (1). Ceux donc qui osent penser ou enseigner autrement, qui abolissent , comme les hérétiques , les traditions de 1 Eglise , qui introduisent des nouveautés qui ôtent quelquç chose de ce qu'on conserve dans l'Eglise, l'Evangile, lacroiv, les images ou les reliques des saints, qui profanent les vases sacrés ou les vénérables monastères, nous ordonnons qu'ils soient déposés, s'ils sont évêques ou clercs, et excommuniés ,

s'ils sont moines ou laïques.

Ce décret fut souscrit par les légats et partons les évêques , au nombre de trois cent cinq , compris quelques prêtres et quelques diacres pour les évêques absents. Le concile témoigna encore son consentement par plusieurs acclamations , à la fin desquels il anathématisa le concile de Constantinople contre les images, et quelques personnes en particulier,sa voir : Théodose, évêqued'Ephèse; Sisinnius, surnommé Pastillas ; Basile Tricacabe ; Anastase,Constanfinet Nicétas, patriarches de Constantinople; Théodore Antoine et Jean; Théodore de Syracuse, surnommé Critin; Jean deNicomédie, et Constantin de Nacx)lie, hérésiarques (2). Au contraire on cria Eternelle mémoire à saint Germain de Constantinople , saint Jean Damascène et saint George de Chypre , que le faux concile avoit anathématisés.

Ensuite on écrivit deux lettres au nom de Taraise et de tout le concile , l'une à l'empereur et à sa mère , l'autre au clergé de Constantinople , pour les instruire de ce qui s'étoit passé (3). Dansla lettre à l'empereur on explique ainsi le mot d'adoration : Adorer et saluer sont le même ; en grec proskyneîn et asi)dzestai. Car dans l'ancien grec kfiunii signifie saluer ou baiser, et la proposition /^ro.s marque une plus forte aiîeclion. Nous trouvons la mêmcî expression dans l'Ecriture sainte. Il est dit que David se prosterna sur le visage, adorant trois fois J(mathas, et le baisa. Saint Paul dit que Jacob adiira le haut du sceptre de Joseph (4). Ainsi, saint Grégoire le théologien dit : Honorez Bethléem , et adorez la crèche (5). Ainsi, quand nous saluons les croix, nous chantons: Nous adorons la croix , Seigneur, et nous adorons la lance qui a perce votre côté. Ce qui manifestement n'est qu'un salut, comme il paroît en ce que nous les touchons de nos lèvres. Que si l'on trouve souvent l'adoration dans l'Ecriture et dans les pères pour le culte de latrie en esprit, c'est que ce mot a plusieurs significations Car il y a une adoration mêlée d'honneur, d'amour et de crainte, comme quand nous adorons voire majesté. Ils parlent à l'empereur. Il y en a une de crainte seule, comme quand Jacob adora Esaii. Il y en a une d'actions de grâce, comme quand Abraham adora les enfants d'IIeth , à l'occasion de la

sépulture de Sara. C'est pourquoi l'Ecriture, voulant nous instruire , dit : Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et ne serviras qu'à lui seul(1). Elle met ladoration indéfiniment, comme un terme équivoque , qui peut convenir à d'autres ; mais elle restreint à lui seul le service lutreian, que nous ne rendons qu'à lui seul. A celte lettre , on avoit joint quelques passages des pères.

(1) lThcss.n,U,p.658. (i) 1 Rcg. XX, 41. Heb.

(i) P. 575,578. XI, 21.

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