LIVRE QUARANTE-CINQUIÈME
l. Constantin épouse Théodote.
Comme l'empereur Constantin avoit épousé fhalgré lui Imipt^ralrice Marie, il la prit en aversion , et chercha à rompre son mariage quand il se vit le mailre; et Irène, sa mère, qui l'avoit obligé à le contracter, lui conseilla elle-même de le dissoudre , voulant le rendre odieux à tout le monde, et ramener ainsi à elle la souveraine autorité (1). Ce qui noussoit principalement lejeuneempereur,éloitramour qu il avoil conçu pour Théodote, une des filles de la chambre de Marie, qu'il vouloit épouser. Pour cet effet , il publia que Marie avoit voulu l'empoisonner j mais il ne put le persuader à persoime.
Il fit tous ses efTorts pour gagner le patriarche Taraise, et lui faire approuver ce divorce (2). 11 lui envoya premièrement un magistrat, qui lui expliqua toutes les circonstances
fondée. Le patriarche lui répondit en soupirant i Je ne sais comment l'empereur pourra souffrir l'infamie dont il se couvrira devant toutes les nations ; et comment il pourra réprimer les adultères elles autres débauches, après avoir donné un tel exemple. Quand le crime de limpératrice Marie seroit aussi certain que vous prétendez , le Seigneur défend de quitter sa femme, sinon pour cause d'adultère. Dites donc à l'empereur que je souffrirai plutôt la mort, et les plus cruels supplices, que de consentir à son dessein.
L'empereur, voulant lui parler lui-môme, l'envoya quérir, et Taraise vint au palais, accompagné du moine Jean, qui avoit assisté au septième concile de la part des patriarches d'Orient (3). Je n'ai rien voulu vous cacher, dit l'empereur , parce que je vous regarde comme mon père. On ne peut nier que je ne puisse quitter une personne qui a attenté à ma vie : elle mérite la mort, ou tout au moins une pénitence perpétuelle ; et pour vous convaincre de son crime, voyez-en les preuves de vos veux. Là-dessus, il fit apporter des vaisseaux
(Il Sup. 1. XLlv, n. 47,