Tbcoph. an. 5, p. 3»ô
(8) Vila &. Tarais, c. 7.
Ap. Boll. 25 feb. tom. 5, p. 584.
(3) Sup. liv. xuv, n. 20.
de verre avec une liqueur trouble , disant que c'étoit le poison dont sa femme avoit voulu se servir pour lui faire perdre la vie ou la raison. Le patriarche ne donna pas dans cet artifice : il fit connoitre à l'empereur quil sa voit sa passion pour Théodote, et lui déclara nettement qu'il nepouvoit dissoudre son mariage, et qu'il seroit obligé de lui défendre l'entrée du sanctuaire, c'est-à-dire de l'excommunier. Le moine Jean, qui étoit un vénérable vieillard , parla long-temps aussi et fortement à l'empereur, et s'attira l'indignation des préleurs et des patrices , dont il y en eut qui le menacèrent de lui passer l'épée au travers du corps. Enfin l'empereur, brûlant de colère, les fit chasser l'Un et l'autre, n'ayant rien à leur répondre.
Il persista dans son dessein, obligea l'impératrice Marie à se rendre religieuse , et la fit raser au mois de janvier de la troisième indiction, l'an sept cent quatre-vingt-quinze (1). Au mois d'aofU suivant, il déclara impératrice Théodote, et la fiança; mais, n'ayant pu persuader au patriarche de célébrer les noces, il chercha un prêtre pour cette fonction , et là fit faire dans le palais de Marnas, par Joseph, abbé et économe de l'église de Constantinople, le quatrième du mois de septembre suivant, l'indiction quatrième étant commencée (2). Cette action de l'empereur causa un grand scandale,non-seulement à Constantinople, mais dans les autres villes et les provinces les plus éloignées, comme du Bosphore et de Gothie ; les gouverneiws et les autres personnes puissanteil suivoient l'exemple de l'empereur : lès tins chassoient leurs femmes , les autres etl gàrdoient plusieurs à la fois, et la débauche etoit publique.
Saint Platon et saint Théodore , iàû discljile. furent les seuls qui s'opposèrent outerteraelit au scandale , en se séparant de la communiott de l'empereur. Car le patriarche Taraise n'exécuta pas sa menace , et ne crut pas detoir excommunier l'empereur , de peur de lui donner occasion de prendre le parti des iconoclastes { qui étoient encore en grand nombre, ce que lé jeune prince menaçoit déjà de faire. Taraise crut donc à propos de dissimuler et ne pas le pousser à bout; et toutefois l'empereur ne
(1) Theph. an. 5.
(2) VitaS. Theod. Stud per Mich. n. iS, lÔ,etc.
HISTOIRE DU CHRISTIANISME
[AndeJ.-C. 794.
laissa pas de le maltraiter , en lui donnant des espions pour l'observer , sous le nom de syncclles , qui ne laiss<3ient approcher de lui personne sans leur permission. L'empereur Gl encore maltraiter et exiler les domestiques et les proches du patriarche.