XXXI- Lettres du pape Léon en Espagne
Il y avoit quatre lettres: la première aux évéques d'Espagne , où il leur apprenoit que le sixième concile universel avoit été célébré pendant l'indiction neuvième, pendant laquelle , en effet , il avoit été achevé selon les Romains , qui ne commençoient l'indiction qu'au vingt-quatrième de septembre (4). Le pape continue: La lettr.^ du pape Agalhon à notre prédécesseur , et celle de notre concile ont été examinées et approuvées. On y a condamné Théodore de Pharan , Cyrus d'Alexandrie, Sergius, Pyrrhus, Paul et Pierre de Constantinople et Honorius, qui au lieu d'éteindre dan^sa naissance la Hamme del'hèrèsie, comme il convenoit à l'autorité apostolique, l'a fomentée par sa négligence. Il ajoute ensuite : Et parce que les actes du concile ne sont pas encore achevés de traduire de grec en latin, nous vous envoyons œpendant la définition , avec le discours à l'empereur , et son édit ; et nous vous en enverrons, si vous le désirez, tous les actes, quand ils seront traduits. Nous vous prions donc de faire connoi Ire celte définition du concile à tous les évéques et à tout le peuple de votre province, d'y faire souscrire tousles évéques, et de nous envoyer vos souscriptions, pour les déposer près la confession de saint Pierre.
La seconoe lettre est adressée à Quirice, archevêque de Tolède; ce qui montre que le pape ne savoit pas encore sa mort, quoique Julien, son successeur, fût évêque dès le mois d'octobre six cent quatre-vingt. La troisième lettre à un comte, nommé Simplicius , et la quatrième au roi Ervige , toutes tendantes à même fin , de faire recevoir en Espagne la définition du
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(2) r. 0, 1253, 1255, B. (5) C. 7. Snp. ïib.XXXiy,
(3) Jap.l.Sup.liv.xxxix, n. 52, W, c. 10. n.51.
(1) Gonc. IV, c. 5*. Sup. (3) Conc. Toi. 14, c. 2, 3, lly. xxxvil, n. 46. (4) P. 1240, 1247.
sixième concile œcuménique. Ce qui étoit nécessaire, parce que l'Espagne n'y avoit eu aucune part : ses évéques n'y avoient point été appelés , ni au concile de Rome, d'où on avoit député à Constantinople. Dans la lettre au roi , la condamnation d' Honorius est encore marquée en ces termes : Et Honorius , qui a laissé flétrir la règle de la tradition apostolique qu'il avoit reçue entière de ses prédécesseurs. Tant le pape a soin de montrer que cette faute personnelle ne porte point de préjudice au saint-siège.
Ces lettres arrivèrent donc en Espagne lorsque les évéques venoient de se séparer après le treizième concile de Tolède ; et , comme on ne pouvoit les rassembler pendant l'hiver, on leur envoya les actes venus de Rome, pour les examiner chacun chez eux ; et la réception solennelle fut remise au concile, qui devoitse tenir un an après , suivant la coutume.