‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 336 sur 2407 · XV. Arnon, archevêque de Sallzbourg · texte numérisé non relu

XV. Arnon, archevêque de Sallzbourg

Arnon avoit succédé dans le siéee de Juvave,

ou Sallzbourg à liertric, qui ne le tint qu'un

an après la mort de saint \ irgile (2). Le roi

Pépin, fils de Charles, ayant subjugué les

Huns en sept cent quatre-vingt-seize, et étendu

l'empire françois jusqu'au Drave, chargea

l'évêque Arnôn d instruire dans la religion

chrétienne ces nouveaux sujets, mêlés des Huns

et de Sclaves, jusqu'à ce que le roi Charles,

son père, vint sur les lieux. En sept cent qua-

tr^vingt-dix-huit, Valderic, archevêque de

Passau, étant mort, le roi Charles fit rendre

au siège de Saltzbourg la dignité de metropoh-

tain de Bavière, qu'il avoit auparavant, et

chargea le nouvel archevtViue Arnon d'aller

(1) Folie. Confess. Fld. («^ To. 7, Conc. p. 18.58, Alcuin. adv. Elip. lib. 1 , et ap. Alcuin p. 998. luit {a) Ap. Alcuin. p. 905.

An de J.-C. 799. 3

chez les Sclaves, et y affermir la religion (1). En effet, il consacra des églises, ordonna des prêtres, instruisit le peuple; et à son retour rapporta au roi qu'il y avoit un grand fruit à faire si on y établissoit un évéque. Le roi lui ayant demandé s'il avoit un sujet propre, il lui nomma Théodoric, et par son ordre le sacra évéque, puis, avec le comte Gérold, il le conduisit en Sclavonie, le mit entre les mains des seigneurs, et lui rcHîommanda le pays des Carinlhiens, et leurs confins au couchant du Drave, jusqu à l'endroit où il se décharge dans le Danube. L'archevêque Arnon donna tout pouvoir à l'évêque Théodoric sur ce pays: de prêcher, de bâtir et dédier des éghses, d'ordonner des prêtres, et d'établir toute la discipline ecclésiastique , à la charge seulement de reconnoltre la supériorité du siège de Juvave. Arnon, de son côté, conlinuoit à travailler avec un grand zèle à la conversion de ces nations. Sa prudence le rendoit aimable aux seigneurs et aux peuples, qui lui étoient tellement soumis , qu'il se faisoit obéir en leur envoyant, non-seulement une lettre, mais du papier blanc. Il faisoit manger à sa table tous les esclaves chrétiens, et leur donnoit à boire dans des coupes dorées ; tandisque leurs maîtres païens étoient assis dehors comme des chiens, et on leur mettoit devant eux du pain, de la chair et du vin , pour se servir eux-mêmes. Quand ils demandoient pourquoi on les traitoit ainsi, on leur répondoit : IN 'ayant pas été lavés au bain saluUire, vous n'êtes pas dignes de communiquer avec ceux qui ont pris une nouvelle naissance. Cette conduite lesexcitoit à se faire instruire, et ils s'empressoient à recevoir le baptême.

Le roi Charles , ayant passé l'hiver à Aixla-Chapelle , en partit à la mi-mars de l'an huit cents , pour visiter les côtes de l'Océan , dès lors attaquées par les pirates normands (2). Il célébra la fête de Pâques , qui étoit le dixneuvième d'avril, au monastère de Centule ou de Saint- Riquier, dont Angilbert étoit abbé, puis il passa à Rouen, et de là à Tours, prier au tombeau de saint Martin, et voir Alcuin, à qui il en avoit donné l'abbaye; mais il fut obligé d'y séjourner à cause de la maladie de la reine Luitgarde , son épouse , qui y mourut le quatrième de juin. De là, le roi revint par Orléans à Paris , à Aix-la-Chapelle, et au commencement d'août à Mayence, où il tint l'assemblée des seigneurs, nommée depuis parlement, et y résolut son voyage d'Italie.

XVL Traité d' Alcuin contre Elipand.

Cependant il renvoya en Espagne les deux archevêques, Leidrade de Lyon et JNéfride de INarbonne, avec Benoit, abbé d'Aniane,

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