‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 355 sur 2407 · XXXI. Vertos de saint Ludger et sa mort · texte numérisé non relu

XXXI. Vertos de saint Ludger et sa mort

Le zèle de saintLudger le pressoit d'aller prêcher la foi aux Normands, c'est-à-dire aux Danois et aux autres peuples du JNord, mais le roi Charles l'en empêcha. Le saint homme prédit les ravages qu'ils feroieut dans l'empire fran-

(1) AUfr. llb n. Tacit. ; (8)Egin.\Ua,c.8,n. 34. Qerm. init.

çois, en un temps où on ne craignoit point encore , et avertit sa sœur, Hériburge, qu'elle verroit ces maux et qu'il ne les verroit point. Il étoit fort instruitdes saintes Ecritures, et en faisoit tous les matins des leçons à ses disciples. Pour éviter l'ostentation, il portoit des habits convenables à sa dignité, et quitta la cuculle, n'étant engagé par aucun vœu à la règle monastique, mais il garda le cilice, parce qu'il étoit caché sous ses habits. Il mangeoit de la chair en certain temps, gardant toujours une exacte sobriété. Quand il étoit invité à manger quelque part, tous ses entretiens, pendant le repas , étoient de piété, et il se retiroit promptement. 11 étoit très-affable aux pauvres et trèsferme contre les riches orgueilleux.

Il distribuoit promptement tout le revenu de son patrimoine et de son évéché, sans faire aucune réserve pour orner son église de bâtiments et de vases précieux. Ce fut un prétexte de l'accuser de dissipation auprès de l'empereur, qui le fit venir à sa cour, et l'envoya quérir dès le matin par un de ses chambellans. Le saint évêque récitoit ses prières , et dit au chambellan qu'il le suivroit sitôt qu'il auroit achevé , et se fit appeler jusqu'à trois fois. L'empereur lui en ayant fait des reproches , il répondit : C'est que j'ai cru devoir préférer Dieu aux hommes et à vous-même , comme vous me l'avez recommandé en me chargeant de Tépiscopat. L'empereur répliqua : Je vous trouve tel que je vous croyois , et je n'écoulerai plus de plaintes contre vous. Saint Ludger demandoit une telle attention en la récitation de l'office divin , que , le disant la nuit dans sa chambre avec ses clercs , parce qu'un d'eux se baissa pour accommoder le feu et empêcher la fumée , il le mit en pénitence pour quelques jours (1).

Dans sa dernière maladie , il continuoit ses exercices de piété, disant la messe presque tous les jours , et il prêcha en deux églises la veille de sa mort . Elle arriva l'an huit cent neuf, le vingt-six de ihars , jour auquel l'Eglise honore sa mémoire (2). Il fut mis en dépôt dans son église jusqu'à la venue de son frère Hildegrin, évêque de Chàlons , (jui l'enterra à son monastère de Verden, le vingt-cinq d'avril. Le successeur de saint Ludger dans le siège de Mimigernt»ford fut Gerfrid , son neveu, à qui succéda Alfrid, qui écrivit la vie du saint sur ce qu'il en avoit appris de son frère, l'évéque Hildegrin , de sa sœur, Hériburge , religieuse, de sou neveu, l'évéque Gerfrid, et de quelques autres (3).

XXXU. Conciles de Clifle.

En Angleterre, AdélarddeCantorbéry tint, vers le même temps deux conciles de sa province à Cliffe, alors nommé Cleveshow. On

rapporte le premier à Van huit cent. Le roi Quénulfe y étoit présent, et, après y avoir examiné la foi et reconnu qu'elle étoit telle qu'ils l'avoient reçue de saint Grégoire, on y traita des usurpations des biens d'église, dont les titres mêmes avoient été détournés (1); l'archevêque fit autoriser par le concile un échange qu'il fit avec une abbesse.

Le second concile de Cliffe fut tenu l'an huit cent trois , le douzième d'octobre (2). Adélard y fut accompagné de douze évéques qui y souscrivirent, et après chacun d'eux, les abbés et les prêtres de sa dépendance. Adélard s'y plaignit encore des usurpations faites par le roi OlTa, du temps de Jambert, s(m prédécesseur, et renouvela les analhémes contre ceux qui feroient de semblables attentats , en vertu du pouvoir (ju1l en avoit reçu du pape Léon (3). Il défendit aux moines de se choisir des laïques pour maîtres , leur recommandant l'observation de leur règle. On voit , par les souscriptions de ce concile, les noms que portoient alors les évéchés dépendants de Cantorbéry, dont la plupart ont tellement changé, qu'ils sont difficiles à reconnoitre.

XXXm. Mort de Taraise. Nicépbore, patriarche.

A Constantînople , le patriarche Taraise mourut le vingt-cinquième de février, indiction quatorzième , c'est-à-dire Tan huit cent neuf, après avoir tenu le siège vingt-un ans et deux mois (4). Quoique accablé de vieillesse et de maladie , il ne laissoit pas d'offrir encore le saint sacrifice, s'appuyant sur une table de bois que l'on mettoit devant Tautel \ ce qui montre qu'on n'eût osé s'appuyer sur l'autel même. Il fut enterré près le Bosphore, au monastère qu'il avoit fondé dans l'église de tous les martyrs , et il est honoré entre les saints. On cèlèbroit sa fête à Constantinople , sous son successeur , dès l'an huit cent treize (5).

Après sa mort , l'empereur Nicéphore consulta sur le choix du successeur les plus considérables d'entre les évéques , les moines et le sénat , entre autres saint Platon et saint Théodore Studite (6). Saint Platon donna son suffrage par écrit , et rompit même sa retraite et son état de reclus , pour aller trouver de nuit un moine, parent de l'empereur, mais son avis ne fut pas suivi. Nous avons la réponse de saint Théodore , oîi il s'excuse de nommer aucun sujet particulier ; mais il exhorte l'empereur à choisir non-seulement entre les évéques et les abbés , mais encore entre les stylites et les reclus (7 j. Ce qui montre que Tobser-

(1) Tim. rn, i.

(«) Vila per Anom. I.r,c.î4.

(1) ADon. c. 33.

(S) Martyr. R. iftmvt.

(3) Prolog. VUa.

(1) To.7,Conc. p. 1153.

(3) Sup. n 6.

(i) Theoph. an. i, p.

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