Elmac. lib. ii, c 0, p
r2\ Elm. c. 7.
(.1) Thcoph. Ibid.
(4; Id. an. 3, p. 423, -G,
HISTOIRE DU CHRISTIANISME
[Ail ae J.-C. 811 .
monastère considérable à ceux qui vinrent à Conslantinople , et envoya un talent d'or à ceux qui demeurèrent en Chypre, ce qui fait soixante-quatre mille livres de notre monnoie.
Quant aux patriarches d'Alexandrie , Politien, patriarche melquite, qui avoit envoyé au septième concile, tint le siège quarante-six ans, et mourut du temps d'Aaron Rachid (1). Il étoit médecin, et fut appelé à Bagdad pour guérir une Egyptienne, concubine du calife; il y réussit , et le calife lui donna beaucoup d'argent , et des lettres pour rentrer dans toutes les églises que les jacobites a voient usurpées sur les melquites, ce qui fut exécuté. Son successeur fut Eustache, qui tint le siège quatre ans , et eut pour successeur, sous le même règne, Christofle, qui lint le siège trentedeux ans (2) ; il devint paralytique, et on lui donna pour coadjuteur un évèque, nommé Pierre, qui faisoit pour lui les ordinations des évéques. Le patriarche jacobite d'Alexandrie, à la mort du calife Aaron, étoit Marc, successeur de Jean ; il fut ordonné patriarche l'an cent quatre-vingt-treize de l'hégire, dernier du règne d'Aaron, et tint le siège vingt ans (3). De son temps , les barsanuphiens , séparés des jacobites dès le temps de l'empereur Zenon, se réunirent à eux; ils avoient deux évéques, qui vinrent trouver le patriarche Marc , demandant qu'il les reçût à sa communion. Pour les éprouver, il leur dit d'abord qu'il ne les recounoîtroit point pour évéques ; et, comme ils s'en confessèrent indignes, il en eut compassion , les garda chez lui, les traitant comme évéques, et leur donna les deux premiers sièges qui vaquèrent. Tout le reste du parti se réunit ensuite. Pendant la guerre civilequi suivit la mort du calife Aaron, Alexandrie fut prise et pillée ; mais le patriarche Marc en étoit sorti, et demeura cinq ans dehors. Les monastères de la vallée d'Habib furent pillés et brûlés, et demeurèrent déserts pendant quarante ans.
A Anlioche,le patriarche melquite, pendant le règne d'Aaron , fut Théodoret, successeur de Théodore, qui tint le siège trente-un ans (4). Le patriarche jacobite étoitCyriaque, du tempsduquel un nommé Abraham enseigna une nouvelle hérésie, et eut plusieurs sectateurs. Le successeur de Cyriaque fut Denis , qui envoya sa lettre synodique à Marc , patriarche d'Alexandrie, et en reçut réponse en signe de communion. A Jérusalem , après le patriarche melquite George, qui avoit tenu le siège trentesix ans , succéda Thomas ou Tamric , la troisième année d'Almamin, huit cent onze de J.-C. (5). 11 tint le siège dix ans, et fit réparer la voûte de l'église de la Résurrection qui menaçoit ruine. Il en fut accusé par les mu-
(l) Sup. liv. XLiv, n. 15.
(ij tuiych. lo. 2, p. i08,
(3) Chr. Orient. Sup. I.
WY, D. 27. Elmac p. 122.
(i) Lutych. lo .2, p. 411, 428. Sup. I. \uv, n. 27.
Elmac p. 123.
(5) Sup. n. 22. Eulych p. 40.
sulmans , et mis en prison , comme ayant au*'menté l'Eglise; ce qui n'étoit pas permis aux chrétiens. Mais, comme on ne put trouver l'augmentation , il fut délivré. C'étoit l'état des églises d'Orient sous la domination des musul-
An de J.-C 813. J
mans.
LVU. Question des Bulgares transfuges.
L'empereur Michel avoit de la piété et de la douceur, mais peu de capacité pour la conduite des affaires ; et il étoit gouverné absolument par ses principaux olKciers, principa» lement par Théoctiste , maître des offîces. La seconde année de son règne, le roi des Bulgares lui envoya faire des propositions de paix, dont l'une étoit la restitution des transfuges de part et d'autre (1). On lit scrupule à l'empereur de rendre aux Bulgares païens ceux d'entre eux qui s'étoient convertis , ainsi , la paix n'ayant pas été acceptée , le roi des Bulgares assiégea Mésembrie , comme il en avoit menacé. Alors 1 empereur, embarrassé, assembla son conseil le premier novembre huit cent douze, ou il appela le patriarche Nicéphore, et les métropolitains de JNicée et de Cyzique. Ces trois prélats conseilloient d'accepter la paix , que l'empereur désiroit aussi ; mais Théodore Studile et plusieurs autres s'y opposèrent, se fondant sur ce passage de TEvangile (2) : Je ne chasserai point dehors celui qui vient à moi Les autres disoient qu'il falloit préférer la liberté d'un grand nombre de chrétiens queretenoient les Bulgares , à la conservation d'un petit nombre de Bulgares qui étoient chez les chrétiens, et que, suivant saint Paul (3), celui qui n'a pas soin de la conservalion des siens est pire qu'un infidèle, joint que l'on avoit déjà rendu des Bulgares qui étoient à la cour, quoiqu'ils ne fussent point transfuges, et qu'on eût pu les conserver par la paix. Toutefois, l'avis contraire l'emporta, on refusa la paix , et quatre jours après on reçut la nouvelle de la prise de Mésembrie.