‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 396 sur 2407 · VI. Concile de Tours · texte numérisé non relu

VI. Concile de Tours

Celui de Tours est le quatrième de cette ville, et on y fit cinquante- un canons (2). Chaque évêque aura des homélies contenant les instructions nécA»ssaires pour son troupeau, et prendra soin de les traduire clairement en langue romaine rustique, ou en langue tudesque, afin que tout le monde les puisse entendre : c'étoient les deux langues qui avoient cours en France. La première étoit celle des anciens habitants. Gaulois Romains , c'est-àdire le latin, déjà fort corrompu, d'où est enfin venu notre françois ; l'autre étoit la langue des Francs et des autres peuples germaniques, qui étoient alors répandus dans l'empire françois, et cette langue est demeurée au delà du Rhin. Au reste , ce canon fait voir que dès lors le peuple n'entendoit plus le latin.

On ne doit point ordonner de prêtre qui n'ait trente ans, et avant l'ordination il demeurera dans révêché pour apprendre ses devoirs, jusqu'à ce que l'on puisse connoître ses mœurs et sa vie. L' évêque aura grand soin d'instruire ses prêtres touchant le baptême et les renonciations qui s'y font (3). On les avertira de ne pas donner indifféremment après la messe le corps de Notre Seigneur aux enfants et aux personnes qui se rencontrent, de peur qu'il n'y en ait de chargés de quelque crime. Nous avons marqué ailleurs l'ancien usage de distribuer aux enfants les restes de l'eucharistie (4). Les laïques communieront trois fois l'an ; on avertira les fidèles d'entrer à l'église sans bruit et sans tumulte, et de s'abstenir pendant la messe, non-seulement de discours inutiles, mais de mauvaises pensées. Nous avons chez nous , disent les évêques de ce concile, parlant à l'empereur, plusieurs incestueux , parricides et homicides qui persévèrent dans leurs crimes, nonobstant nos exhortations ; nous en avons déjà excommunié quelques-uns, qui n'en tiennent compte ; c'est pourquoi nous prions votre clémence d'ordonner ce qu'il en faut faire (5). On avertira les fidèles que les sortilèges ni enchantements ou les ligatures d'herbes ou d'ossements ne peuvent guérir les hommes ni les animaux, et ne sont que des illusions du démon.

Les évoques doivent avoir grand soin des pauvres , et peuvent, en présence des prêtres et des diacres, donner du trésor de l'Eglise

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