‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 41 sur 2407 · XL. Quinzième concile de Tolède · texte numérisé non relu

XL. Quinzième concile de Tolède

En Espagne, l'an six cent quatre-vingt-huit, ère sept cent vingt-six, le onzième de mai, fut tenu le quinzième concile de Tolède , la première année du roi Egica, gendre et successeur d'Ervige (3). Soixante-un évéques y assistèrent , dont les cinq premiers sont les métropolitains de Tolède , de Narbonne , de Séville , de Brague et de Mérida ; de plus neuf abbés, l'archidiacre et le prémicier de Tolède , cinq prêtres pour des évéques absents, et dix-sept comtes. Ils s'assemblèrent dans l'église du palais, dédiée à saint Pierre et saint Paul. Le roi Egica y étoit en personne , et , après s'être prosterné devant les évéques , suivant la coutume , il fit lire un mémoire , où il leur demandoit conseil touchant deux serments qu'il avoit faits

(1) Paul, diac V. Hist. c. (3) T. 6, Conc. p. 1294. 33, 34. Isid. Pac. p. 0.

<a) Id. IV, c. 5.

au roi Ervige , et qui paroissoient contraires. Car, disoit-il, quand il me donna sa fille en mariage , il me fil jurer de prendre la défense de ses enfants contre tous ceux qui les voudroient attaquer ; et , au temps de sa mort , il me fit promettre de ne me porter pour roi qu'après avoir fait serment de rendre justice à tous les peuples de mon obéissance. Or, je crains de ne pouvoir défendre ses enfants , sans refuser la justice à plusieurs qu'il a dépouillés injustement de leurs biens, et à des nobles qu'il a réduils en servitude, soumis à la torture, ou opprimés par des jugements injustes.

Le concile commença à l'ordinaire par la confession de foi ; puis on lut un grand discours pour répondre aux plaintes du pape Benoit, touchant deux propositions avancées au concile précédent : que la volonté a engendré la volonté, et qu'il y a trois substances en Jésus-Christ (1). Les évéques du concile de Tolède s'efforcent de justifier ces expressions par la raison et par l'autorité des pères. Pour la première, ils déclarent qu'ils ont entendu la volonté essentiellement, et non relativement ; et que l'on dit en ce sens que le verbe est sagesse de sagesse. Pour la seconde proposition, ils disent que Jésus-Christ est composé de la divinité, de lame et du corps, qui sont trois substances; quoiqu'on puisse aussi n'y en reconnoitre que deux, prenant l'àme et le corps pour une seule substance de l'humanité. Ils concluent leur réponse en ces termes , parlant des Romains (2) : Après cela, s'ils sont d'un autre avis que les pères, il ne faut plus disputer avec eux; mais nous espérons que les amateurs de la vérité estimeront notre réponse, quoique les ignorants ne la goûtent pas. Les pères du concile viennent ensuite aux deux serments du roi Egica, et déclarent qu'ils ne sont point contraires; puisqu'il ne faut pas croire qu'il ait promis de soutenir les intérêts de ses beaux-frères autrement que selon la justice. Mais en cas qu'il fallût choisir, le dernier serment fait en faveur du peuple devroit l'emporter; puisque le bien public est préférable à tous les intérêts particuliers. Le roi Egica confirma par son ordonnance les décrets du concile.

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