XLV. Michel persécute les catholiques
Nonobstant sa prétendue indifférence, il se déclara bientôt contre les catholiques , particulièrement contre les moines, qu'il traitoit avec le dernier mépris, et contre lesquels il inventoit de nouveaux supplices (1). Méthodius revenu de Rome , comme j'ai dit , enseignoit hardiment la foi calhulique à Conslantinople (2). L'empereur l'accusa de causer du trouble et du scandale , et lui fit donner sept cents coups de fouet, en sorte qu1l sembloit prêt à rendre l'âme. En cet état il le fit mettre en prison ; puis il l'envoya à l'île de Saint- André, près d'Acride , où on l'enferma dans un sépulcre étroit et obscur , seul avec un criminel, homme rustique, condamné pour sédition. On offrit souvent à Méthodius de le retirer de cette affreuse prison s'il vouloit traiter indignement l'image de Jésus-Christ , mais il répondit toujours qu'il aimoit mieu\ mourir que d'en former la pensée, et il demeura ainsi enfermé pendant le reste du règne de Michel.
Ce prince chassa aussi de Constanlinople Eu ty mius, é véque de Sardes, parce qu' il ne vouloit pas renoncer aux saintes images ; et par son ordre son lils, le jeune empereur Théophile, fit donner à ce saint évéque tant de coups de nerfs de bœuf qu'il en mourut Théodore et Théophane de Jérusalem étoient revenus à Constantinople comme les autres exilés rappelés par Michel (3); mais ils converlissoient par leurs discours et par leurs écrits plusieurs iconoclastes, même des personnes constituées en dignité. Jean Léconomante ne le put souffrir. 11 les fit mettre en prison, et étant entré en dispute avec eux , comme il se trouva le plusfoible, il employa son crédit auprès de l'empereur pour les faire encore chasser de Constantinople. Cependant saintThéodoreStudite, ayant reçu réponse de Thomas, patriarche de Jérusalem, lui en écrivit une lettre de remercîmont (4) , où il se plaint de ceux qui n'ont pas consolé les catholiques par leurs lettres : ce qui semble marquer les patriarches d'Alexandrie et d'Antioche. On voit, par ce qui suit, que Théodore écrivoit cette lettre avant que l'empereur se fût déclaré ; car il dit que l'hiver est passé, mais que le printemps n'est pas encore venu . c'est-à-dire que l'Eglise n'est pas en paix, quoique la persécution ait cessé. Cest pourquoi, ajoule-t-il , vos lettres n'ont point attiré d'aumônes. Car comment en aurions-nous pu faire étant loin de Constantinople, dispersés en divers lieux ? Les collectes n'ont pas encore été faites comme nous souhaitions : excepté ce que vous verrez par le mémoire inclus, et ceux qui ont donné croient recevoir une grâce , ayant l'honneur de communiquer avec les saints lieux.
(1) Post Theoph. p. 31. (3) Sup. n. 33. Vita, 26 (i) YitaMeth. c. i, ap. dec.c.9.
Boll. Ujun.to,2,p.903. (i) ii, Ep. 121.
Depuis la mort de Léon l'Arménien , Théodore écrivit encore plusieurs lettres, où il donne des règles pour recevoir ceux qui étoient tombés pendant la persécution. Il dit que l'évêque qui, après sa chute ne renonce pas à 1 episcopat , n'est pas véritablement pénitent; et que c'est comnmniquer avec les hérétiques que recevoir d'eux une pension. Mais il déclare que celui qui est rétabli par la pénitence peut donner la bénédiction de table (1).
XL VI. Pénitence de l'empereur Louis.
En Occident, remj)ereur Louis rappela dés l'année huit cent vingt-un au parlement de Thionville ceux qui avoient eu part à la conjuration de Bernard, roi d'Italie (2). 11 les fit venir en sa présence, leur pardonna et leur rendit leurs biens confisqués. Théodulfe, évéque d'Orléans, qui éloit exilé comme complice, quoiqu'il eût toujours protesté de son innocence, fut renvoyée son église , mais il mourut enyretournant(3).Outresoncapitulaireetson traité du baptême, nous avons de lui plusieurs peésies recueillies en six livres, qui sont les meilleures de son temps (4) : aussi éloit-il né de là les Alpes. La pièce la plus connue est l'hymne qui commence : Gloria , laus et ho^ nor ^ et qui contient les louanges de la ville d'Angers, où il lafitpendantsonexil (5). On en chante encore le commencement à la procession du dimanche des Rameaux. Jonas succéda à Théodulfe dans le siège d'Orléans. En cette même occasion , l'empereur Louis rappela de leur exil Adalard et ses frères, Vala et Bernaire (6). 11 obligea Adalard à reprendre le gouvernement de son abbaye de Corbie , dont les moines le désiroient ardemment ; et quelque temps après il le fit revenir à la cour.
L'année suivante, huit cent vingt deux, Louis tint un parlement à Attigny, où, par le conseil des évêques et des seigneurs , il se réconcilia avec ses trois jeunes frères, Hugues, Drogon et Théodoric, qu'il a voit fait tondre malgré eux. Il se confessa publiquement de cette action, et de la rigueur dont il avoit usé envers son neveu Bernard, roi d'Italie, et envers l'abbé Adalard et Vala, son frère, et en fit pénitence publique, se proposant d'imiter cellede l'empereur Théodose (7). Il s'appliqua à réparer toutes les injustices commises par lui ou par son père; et pour cet effet distribua de grandes aumônes, et fit faire beaucoup de prières par les personnes consacrées à I)i(*u , cherchant à se le rendre propice en toutes manières.
En celte assemblée (8), l'empereur Louis témoigna un grand désir de réformer tous les