‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 445 sur 2407 · LIVRE QUARANTE-SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUARANTE-SIXIÈME

tament ,puis de l'ancien; mais c'est principalement le duel qu'il attaque en cet écrit.

On croit que c'est à ce même concile d'Attigny que l'empereur Louis renvoya les plaintes d'une femme noble, nommée Norihilde, contre A gembert, son mari (1); mais les évéques en renvoyèrent le juj,'emenl aux laïques mariés, comme mieux instruits de telles matit*res et des lois séculières, ordoimant à la femme de s'en tenir à leur juj^ement , à la charge que si elle se trouvoit coupable , et demandoit pénitence, les évéques la lui imposeroient suivant les canons. Les nobles laïques urent très-contenis de cette discrétion des évéques, qui ne leur ôtoient point le jugement de leurs femmes, et n'entreprenoient point sur la juridiction séculière. On vit bientôt un effet sensible des règlements que l'empereur Louis avoit faits pour la réformation du clergé (2) ; car les évéques et les clercs quitteri'nt leurs ceintures garnies d'or et chargées de couteaux ornés de pierreries ; les éperons et les habits précieux qui les faisoient r jssembler à des laïques.

Quelque temps après le parlement d'Attigny, l'empereur Louis étant à Tribur près de Mayence , conûrma cinq articles que les évéques avoient dressés l'année précédente au concile de Thionville, pour la sûreté des personnes ecclésiastiques (3). A ce concile de Thionville, tenu l'an huit cent vingt-un, assistèrent trente-deux évéques, dont quatre étoient métropolitains, Altolfe de Mayence, Hadabalde de Cologne , Hetton de Trêves , et Ebbon de Reims; les autres évéques de Gaule et de Germanie y envoyèrent des députés. L'occasion des canons qu'ils y firent fut le meurtre d'un évéque , nommé Jean , tué en Gascogne d'une manière honteuse et inouie. Il fut donc ordonné que celui qui auroit maltraité un sous-diacre, feroit pénitence pendant cinq carêmes, et payeroit à l'évéque trois cents sous outre la composition de la loi envers l'oCfensé. Si le sous-diacre est mort, le meurtrier fera pénitence les cinq années onlières, et payera quatre cents sous, outre la composition au triple. Les sous de ce temps-là valoient quarante des nôtres, c'est-à-dire deux de nos livres de compte (4). On taxe à proportion les injures faites aux sous-diacres et aux prêtres, dont le meurtrier est condamné à douze ans de pénitence et neuf cents sous d'amende. Quant à celui qui a tué volontairement un évéque , il s'abstiendra de chair et de vin toute sa vie , quittera le service de guerre , et ne pourra se marier. Les évéques résolurent de demandera l'empereur et aux seigneurs la confirmation de ce règlement , à cause des amendes qui regardoient la puissance temporelle.

(1) Hincm. deDivert. to.

(2) Astron. an. 817.

(3) Capit. to 1, p. 626; to. 7,Coiic. p. l.'itO.

(i) Leblanc. Mon. p. 96, C. 3.

C'est ce qui leur fut accordé en huit cen vingt-deux , où les mêmes articles furent renouvelés, quant aux amendes pécuniaires J sans parler des pénitences; et l'empereur ajouta : Si quelqu'un n'obéit pas à ce décret , outre la sentence canonique, il ne pourra tenir de bénéfice, c'est-à-dire de fief en notre royaume et ses aleus , c'est-à-dire ses biens propres, seront confisqués. 11 tiendra prison jusqu'à ce qu'il satisfasse à l'Eglise. Les seigneurs approuvèrent ce décret , et y souscrivirent, et les ecclésiastiques chantèrent le Te De uni en action de grâces.

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