‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 454 sur 2407 · II. Lettres de 1 empereur Michel à Louîs · texte numérisé non relu

II. Lettres de 1 empereur Michel à Louîs

L'empereur Michel termina enfin la guerre civile à son avantage. Thomas fut défait , pris et mis à mort à la mi-octobre l'an huit cent vingt-trois, et l'année suivante Michel envoya une ambassade en France, avec une grande lettre à l'empereur Louis, qu'il qualifie nû des Francs et des Lombards, et nommé par eux empereur (2). 11 raconte la révolte de Thomas, et sa victoire sur ce rebelle : s'excusant sur cette guerre, de n'avoir pas plus tôt envoyé ses ambassadeurs à Louis, '3). Il les nomme ensuite, savoir: Théodore, protospataire et stratigue, c'est-à-dire premier écuyer et capitaine , INicétas, métropolitain de Myre en Licie , Fortunat , archevêque de Vénétie, c'est le patriarche de Grade qui s'éloit retiré à Constantinople.Théodore, diacre et économe de 1 église de Sainte-Sophie (4), et Léon, candidat. L'empereur Michel confirme par cette lettre la paix et l'amitié avec l'empereur Louis, puis il ajoute :

Nous vous faisons aussi savoir que plusieurs, tant du clergé que du peuple, s'écartant des traditions apostoliques , ont introduit des nouveautés pernicieuses. Premièrement ils

ri) II , Ep. 20i. Posl.

Theoph iib. ii, n. 7, p. 30.

(2) Ibid. n. 10, p. 44.

Conv. Paris. Sup. Conc.

remettre en haut comme auparavant , afin qu'elles servissent d'instru( tion , sans que les Ignorants les adorassent, leur allumassent des lampes, ou leur offrissent de l'encens. Quelques-uns d'entre eux, ne voulant pas recevoir les conciles locaux , s'en sont allés à Rome, calomniant 1 Eglise ; mais sans nous arrêter à leurs mauvais discours, nous vous déclarons notre créance orthodoxe. Nous croyons la trinité d'un Dieu en trois personnes , et l'incarnation du verbe, ses deux volontés et ses deux opérations. Nous demandons les intercessions de la Saint-Vierge, mère de Dieu, et de tous les saints ; nous révérons leurs reliques, et nous recevons toutes les traditions apostoliques, et les ordonnances des six conciles.

Nous envoyons donc nos lettres au pape de Rome avec un Evangile orné d'or et de pierreries, une patène et un calice de même, pour être offerts à 1 église de Saint-Pierre par nos ambassadeurs, que nous vous prions d'y faire conduire avec honneur et sûreté , et de faire chasser les faux chrétiens qui calomnient l'Eglise. 11 y avoit pour l'empereur Louis quelques présents d'étoffes précieuses , et la lettre étoit datée de Constantinople, le dixième d'avril, indiclion seconde , qui est l'an huit cent ^ingt-quatre. Les mêmes ambassadeurs apportèrent les prétendus écrits de saint Dénis aréopagite, en grec, e: l'abbé Hilduin les reçut comme un présent du ciel (1).

L'empereur Louis leur fit audience à Rouen au mois de novembre huit cent vingt-quatre , «"t les envoya à Rome, comme ils le désiroient (2). Il y envoya même Fortunat, patriarche de Grade , pour être examiné par le

(i) Sup. liv. XLV, n. 34.

(1) Arcop. Ape. Sur. 9 octob.

(2) Egiûh. m, 824.

ôtoient les croix des églises, pour mettre à leur place des images , devant lesquelles ils allumoient des lampes et brùloient de l'encens, les honorant comme la croix. Ils chantoient devant ces images, les adoroient , et imploroient leur secours. Plusieurs les entouroient de linges, et les faisoient marraines de leurs enfants. Ils faisoient tomber sur elles les premiers cheveux qu'ils leur coupoient, ou ofl'roient leurs cheveux aux images en prenant l'habit monastique.Quelques prêtres grattoient les couleurs des images , les mêloient au saint sacrifice, et en donnoient la communion. D'autres mettoient le corps de Notre Seigneur entre les mains des images , où ils le faisoient prendre aux communiants. D'autres se servoient des planches peintes des images , au lieu d'autel pour célébrer les saints mystères en des maisons particulières , et pratiquoient plusieurs autres abus semblables.

C'est pourquoi les empereurs orthodoxes, et les plus savants évêques ont assemblé un concile local , où ils ont défendu ces abus, et ont fait ôter les images des lieux bas, pour les

pape, touchant sa suite, dont il ne rendoit point de raison, et les ambassadeurs grecs n'avoient rien dit pour sa défense. L'empereur Louis, de son côté, envoya deux ambassadeurs a Rome, Fréculfe, évêqu(î de Lisieux, et Adegaire, qui traitèrent avec le pape, ses ministres et les évêques qui étoient auprès de lui et lui demandèrent de la part de l'empereur Louis, la permission de faire examiner par ses évt^ues la quf stion des images , afin que cet examen, se faisant par autorité du pape, il ne pût refuser de reconnoître la vérité (1). Le pape Eugène accorda la permission ; et les ambassadeurs françois étant revenus , l'empereur Louis ordonna à plusieurs évêques de son royaume de s'assembler à Paris le premier de novembre de 1 année suivante.

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