III. Capitulaire d'Aix-la-Chapelle
Cependant il tint au mois de mai de la même année huit cent vingt-cinq , un parlement à Aix-la-Chapelle, où l'on croit qu'il publia un capitulaire, que d'autres rapportent à l'an huit cent vingt^rois. 11 contient des avis généraux à tous ses sujets, et une instruction pour les commissaires qu'il envoyoit dans les provinces : le tout en vingt-huit articles (2). L'empereur exhorte les évêques à prendre soin de leur troupeau, particulièrement des monastères , pour y maintenir l'observance. Nous vous prions, dit-il, de nous aider à remplir notre ministère, et, partout où vous y trouverez quelqu'obstacle par la faute d'un abbé , d'un comte ou de quelqu'autre personne , nous en avertir sans délai , afin d'y remédier par notre autorité , en soutenant la vôtre. Ayez soin d'instruire vos prêtres, et de les corriger si le
peuples'enplaintavec raison (3). Veillezaux réparations des églises , et en conservez les revenus ; et montrez l'exemple aux autres , vous et vos archidiacres , de n'en rien détourner. Etablissez des écoles dans tous les lieux où elles ne le sont pas encore, pour les enfants et les ministres de l'Eglise, comme vous nous avez promis à Attigny.
Il exhorte les comtes , qui étoient les gouverneurs des provinces et les juges ordinaires, a vivre unis avec les évêques , être les protecteurs de l'Eglise et des pauvres, et aider les ministres de l'Eglise dans leurs fonctions. Tous les laïques obéiront aux évêques et aux prêtres, en ce qui regarde la religion. Les évêques et les comtes se rendront témoignage l'un à 1 autre, en donnant avis à l'empereur comment ils s'acquittent de leur devoir, et il l'avertiront aussi de ce qui pourroit nuire à son service, et troubler le repos public. Les archevêques et les comtes des métropoles recevront du clian-
Cl ) Synod. Paris, in Coint 822, n. 12; 825, n.
Mippl. Concil. Gall. p. 109, 6. Capit. lom. 1, p. 361. t>- ^ (3; G. 4, 6.
(2) C«pU.(oin,|,p.63I.
HISTOIRE DU CHRISTIANISME
celier de l'empereur les capitulaires, pour les envoyer aux autres évoques et aux au très comtes de la province, les faire transcrire et lire publiquement; et le chancelier marquera les noms de ceux qui les auront pris, et en avertira l'empereur, afin que personne n'y manque (1). Ensuite est le dénombrement des commissaires envoyés par les provinces , et nommés missidominici (2). Il y a voit deux commissaires en chaque province, un évoque et un comte, et entre les évéques qui sont ici nommés , les plus fameux sont : Heistulphe, archevêque deAJayence, Hetti de Trêves, Hadabold de Cologne, Ebbon de Reims et Rotade de Soissons , son substitut pour la commission. C'est qu'Ebbon étoit souvent occupé des affaires d'état, ou de sa mission de Danemarck. On voit encore entre ces commissaires , Jérémie , archevêque de Sens , Guillebcrt de Rouen , et Landran, de Tours, en un mot tous les archevêques (3). Les trois derniers articles expliquent le devoir des commissaires, qui se réduit à veiller sur la conduite des évêques, des comtes et des moindres officiers (4) ; écouter les plaintes, terminer sur les lieux toutes les affaires qu'ils pourront, et faire des autres leur rap-
Eort à l'empereur. Ces commissions étoient onorables pour les évêques ; mais il n'étoit pas possible qu'elles ne les détournassent beaucoup de leurs fonctions essentielles.