IV. Assemblée de Paris
L'assemblée do Paris se tint au mois de novembre, suivant l'ordre de l'empereur, et tous les évêques mandés s'y trouvèrent , excepté Modouin d'Aulun , retenu par maladie. On lut la lettre du pape Adrien à l'empereur Constantin et à sa mère Irène , où les évêques françuis trouvèrent qu'il avoit raison de blâmer ceux qui brisoient les imagos (5) ; mais qu'il avoit manqué de discrétion , en ordonnant de les adorer superstitieusement. Ils blâmèrent aussi le concile tenu en conséquence, qui est le second de Nicée, et encore plus celui des iconoclastes , tenu sous Constantin Copronyme (6). Ils approuvèrent la censure que Charlemagne avoit faite du concile de Nicée dans les livres carolins, et ne jugèrent pas suffisantes les réponses du pape Adrien (7). Ensuite ils firent lire la lettre de l'empereur Michel et ouïrent de la bouche de Fréculfe etd'Adegaire, la relation de ce qu'ils avoient négocié à Rome. Enfin, ils firent lire plusieurs passages de l'Ecriture et des pères, qu'ils avoient recueillis , autant que la brièveté du temps leur avoit permis , et les envoyèrent à l'empereur Louis , par Halitgaire, évêque de Cambrai, et Amalarius, aussi évê-
[An de J.-C.7Î5.
(3; Sup. liY. xLvi, n. 50.
(5) Sup. li?. XLiv, n.31.
(6) Sup. liv. XLiii, n. 7.
(7) Liv. XUV, B. 4$, 58.
que , qui vinrent trouver Tempereur à Aix-la- Chapelle, le sixième de décembre , la même année huit cent vingt-cinq.
Ils lui apportèrent la lettre de l'assemblée de Paris , contenant la relation de ce qui s'y étoit passé , et l'avis des évêques , qui étoit que l'empereur Louis écrivît au pape et à l'empereur de Constantinople. Nous n'ignorons pas , disent-ils , combien vous êtes affligé de voir s'écarter du droit chemin ceux qui , ayant la souveraine autorité , devroient y ramener les autres (i). Et ensuite : Comme il ne faut pas négliger le salut de nos frères , ni reprendre légèrement l'autorité éminente, nous avons jugé à propos que votre discours s'adresse à ceux qui vous ont excité à examiner cette question, c'est-à-dire aux Grecs, afin que tout ce qui paroît répréhensible se rapporte plutôt à eux, que l'on peut reprendre librement , et dont le scandale peut se tolérer plus facilement. Ainsi, reprenant les Grecs, et compatissant à leur infirmité , louant les Romains, et relevant leur autorite, proposant toutefois modestement la vérité par l'Ecriture et les pères, vous pourrez procurer le salut des uns et des autres.
Su i voit le recueil des passages des piTes rangés sous quinze titres, dont le premier est contre ceux qui vouloient abolir les images. Le second montre leur usage légitime , par l'autorité de saint Grégoire , pap<» : los douze suivants sont contre ceux qui les adorent, et les honorent excessivemont , et on y explique avec soin le terme d'adoration (2). Ils prétendent montrer la différence entre la croix et les images, et combattent partout le second concile de Nicée. Après ce recueil , su i voient les modèles dos doux lot 1res ; la première do l'emporour Louis au pape; la seconde, du papo à l'emporour IMiohol. L'empereur Louis exhortoit le pape à se servir de son autorité pour procurer la paix on Orient, ramenant l'usage des images au milieu, que les François estimoient nécessaire. Il lui propos(» d'envoyer une ambassade commune à Constantinople, et le prie de ne pas croire que lo modèle de lettre qu'il lui envoie, soit pour l'instruire , mais seulement pour lui communiquer sa pensée, déclarant qu'il n'a point assemblé de concile pour décider, mais qu'il a seulement fait examiner la question, suivant la permission du pape. L<^ modèle de la lettre du pape à l'empereur Michel est divisé en trois points, la raison, l'autorité, le conseil (3). L'auteur relève extrêmement l'autorité du saint-siège, et montre qu'on y a toujours eu recours pour terminer, non - seulement los questions de foi, mais toutes los divisions do l'Eglise. Il soutient que l'église gallicane, depuis les premiers temps
(1) Synod. Paris, p. 109, 119. c. 8, 9, 12, p. lai, c. E;p.llO, B. 13,14. '
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de saint Denis , qu'il suppose envoyé par le papo saint Clément, de saint Hilaire et de saint Martin , a toujours observé de n'obliger personne à avoir des images , et ne le défendre à personne ; et que jamais il n'y a eu de dispute pour ce sujet. La raison de cet usage est que quand il n'y auroit aucune image dans le monde , la foi , l'espérance ni la charité n'en souffrir oit point; et que d'ailleurs les images no nuisent point à ces trois vertus, pourvu qu'on ne leur rende aucun culte de religion. 11 apporte ensuite l'autorité de saint Grégoire, et finit en exhortant l'empereur Michel à rétablir la paix dans les églises de son obéissance.