V. Jérémie et Jonas envoyés à Rome
L'empereur Louis, ayant reçu ces écrits par Halitgaire et Amalarius , se les fit lire ; et en étant content , il les envoya au pape Eugène, par Jérémie, archevêque de Sens, et, Jonas, évêque d'Orléans, avec une autre lettre, par laquelle il prie le pape de conférer avec eux , touchant la légation qu'il doit envoyer en Grèce, comme étant des prélats instruits dos saintes lettres, et exercés dans la dispute (1). Nous ne vous les envoyons pas, ajoute-t-il , avec ce recueil des passages, pour prétendre vous instruire , mais seulement pour vous aider comme nous devons. Il exhorte ensuite le pape à conduire celte affaire avec tant de discrétion , que personne , ni Grec , ni Romain , ne puisse y trouver à redire. Outre cette lettre , les deux évêques , Jérémie et Jonas , avoient une instruction qui portoit : Prenez garde d'user de beaucoup de patience et de modestie en conférant avec le pape, de peur qu'en lui résistant trop vous ne le poussiez à une opinià- •treté invincible (2). Mais témoignez une grande soumission pour l'amener peu à peu au tempérament que l'on doit garder à l'égard des images. Si vous pouvez convenir heureusement , et qu'il vous déclare vouloir onvover ses légats en Grèce pour ce sujet , demandez-lui s'il lui plaît que nos envoyés les accompagnent. En ce cas, donnez-nous-en promptomonl avis par vos lettres , et du temps do votre retour, afin qu'llalitgaire et Amalarius se puissent trouver près de nous en même temps. C'étoient apparemment ceux que l'empereur vouloit envoyer en Grèce.
Quelques-uns attribuent l'écrit du concile de Paris à Agobard, archevêque de Lyon. Du moins étoit-il dans les mêmes sentiments, comme il paroît par son traité des images , fait apparemment en môme temps ; car il relève quelques-uns des abus dont se plaignoit l'empereur Michel. Ce traité d' Agobard n'est presque autre chose qu'un recueil de passages de saint Augustin et de quelques autres pères, pour montrer qu'il n'est pMcrmis d'à-
(1) To. 7, Conc. p. 1048. (2) Ibid. p. 1649.