‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 472 sur 2407 · LIVRE QUARANTE-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUARANTE-SEPTIÈME

huit cent vingt-huit (1) Car il dit que deux ans auparavant la question des images avoit été agitée au palais, c'est-à-dire en quelque conférence tenue incontinent après celle de Paris. Il dit qu'en cette conférence du palais on avoit défendu que personne ne fût à l'avenir assez insensé pour déférer un honneur divin aux anges, aux saints ou à leurs images; mais aussi que personne ne fût assez hardie pour les rompre , les effacer ou les mépriser, le tout conformément à la lettre de saint Grégoire à Sérénus. Il rapporte ensuite plusieurs autorités, particulièrement des poèmes de saint Paulin, pour montrer que les images ont toujours été en usage dans l'Eglise. Et il soutient qu'en niant qu'on doive honorer les saints, Claude renouvelle les erreurs d'Eunomius et de Vigilance. A la seconde proposition de Claude (2), par laquelle il attaquoit l'honneur de la croix, Dungal répond que les chrétiens, à l'exemple de l'apôtre, mettent leur gloire dans la croix , que Jésus- Christ n'a point voulu que sa passion fût cachée aux fidèles comme honteuse, mais qu'on en fit continuellement la ménaoire dans l'Eglise. Il apporte ensuite plusieurs autorités, pour montrer que de tout temps on a honoré la croix. Enfin il répond à la troisième proposition de Claude, contre les pèlerinages et l'invocation des saints, apportant encore plusieurs passages des pères ; car Dungal raisonne peu dans cet ouvrage , et n'emploie guère que l'autorité, comme en effet la principale preuve en cette matière a toujours été la tradition et la pratique constante de l'Eglise. Il conclut en disant que les saintes peintures, la croix et les reliques des saints doivent être révérées avec l'honneur qui leur convient, sans leur sacrifier ni leur déférer le culte qui n'est dû qu'à Dieu , et soutient que Claude, en rejetant la croix, se déclare ennemi de la passion et de l'incarnation. Aussi, ajoute Dungal, les juifs le louent et le nomment le plus sage de tous les chrétiens; et lui, de son côté, leur donne de grands éloges, à eux et aux Sarrasins. Puis il dit : Comment un évéque , ayant en horreur la croix de Jésus-Christ, peut-il faire les fonctions ecclésiastiques, baptiser, bénir le saint-chréme , imposer les mains, donner quelque bénédiction ou célébrer la messe (3) ? puisque, comme dit saint Augustin, on ne peut exercer légitimement aucune de ces fonctions sans faire le signe de la croix. Dans les litanies et les autres offices de l'Eglise, il ne veut faire mémoire d'aucun saint ni célébrer leurs fêtes (4). Il défend d'allumer des cierges le jour dans l'église, ou de baisser les yeux à terre en priant , et commet plusieurs autres impiétés, telles que je n'ose les rap^ porter, quoique je les aie apprises de per-

(1) Mabill. Ead.Praef.n.

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