LIVRE QUARANTE-SEPTIÈME
(n P. 1593, n. 5. ao. 82i.
(2) P. 1591, E. Eginh. (3) Coint. ami. 828, n. 9.
vons les actes que de celui de Paris, du dimanche, sixième de juin huit cent vingt-neuf, trois semaines après la Pentecôte, qui cette année étoit le seizième de mai (1). Il étoit composé des quatre provinces de Reims , de Sens , de Tours et de Rouen , et on le compte jKmr le sixième concile de Paris. Il fut tenu dans l'église de Saint-Etienne-le-Vieux, qui ne subsiste plus. Elle étoit à l'entrée de la cathédrale à droite, comme à gauche le baptistère, qui est Saint-Jean le rond ; à Saint-Etienne on donnoit la confirmation. A ce concile assistèrent vingt-cinq évéques, dont les plus connus .sont les quatre métropolitains: Ebbon de Reims, Aldéric de Sens, Ragnoard de Rouen, Landran de Tours ; ensuite Jonas d'Orléans, Jessé d'Amiens, Rothade de Soissons, Hildeman de Beauvais, auparavant moine de Corbie, Fréculfe de Lisieux, Halitgaire de Cambray , Hubert de Meaux, Inchadede Paris (2).
Aldéric venoit d'être ordonné archevêque de Sens, et peut-être dans ce même concile, le jour qu'il commença (.3). Car c'est ce même jour, sixième de juin , cpie l'église de Sens célèbre sa fête. Il étoit né dans le Gatinois , d'une famille noble , et dès sa jeunesse il entra dans le monastère de Ferrières , où il se forma à la vertu sous l'abbé Sigulfe. Jérémie, archevêque de Sens, l'appela auprès de lui , et ayant connu son mérite il l'ordonna diacre , et ensuite prêtre. L'empereur Louis, l'ayant fait venir à la cour , fut tellement satisfait de la manière dont il avoit répondu à des impies qui altaquoient la religion, qu'il lui donna la commission d'enseigner dans son palais , et l'entrée dans ses conseils. Il fut aussi chancelier de Pépin , roi d'Aquitaine. Mais, ayant été élu abbé de Ferrières , il y retourna , et en fut tiré malgré lui, pour remplir le siège de Sens. Il le tint dix ans, et est compté entre les saints. Fréculfe, évêque de Lisieux , avoit été moine de Fulde, et èloit célèbre pour sa doctrine. Nous avons de lui une chronique ou abrégé d'histoire universelle, divisé en deux parties : la première divisée en sept livres , depuis le commencement du mende jusqu'à Jésus-Christ , dédiée à Hélisaca , abbe de Centule , qui avoit été son maître, et qui Ta voit excité à composer cet ouvrage. La seconde partie est dédiée à 1 impératrice Judith , pour l'instruction du jeune prince Charles, son fils. Elle est divisée en cinq livres, commençant à Jésus-Christ , et finissant à saint Grégoire, c'est-à-dire vers l'an six cent.