‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 475 sur 2407 · XXIV. Canons sur les sacrements · texte numérisé non relu

XXIV. Canons sur les sacrements

Les actes du concile de Paris sont divisés en trois livres, dont le premier contient cinquante-

^ Cl) Prœf. to. 7, Conc. p.

(2) Baluz. Not. ad Cap.

Coint. ann. 829, n. 105,112.

(3) Mabill. Obs. to. 5.

Act. p. 566.

quatre articles, la plupart appuyés par l'autorité des anciens canons (1). Après avoir marqué que l'Eglise est gouvernée par deux puissances , la sacerdotale et la royale , on commence à traiter des devoirs des évéques , c'est-à-dire de toute la religion. Sur le baptême le concile dit : Parce que la foi chrétienne est établie partout, et que l'on baptise les enfants avant l'âge de raison , il est nécessaire de suppléer aux instructions dont ils ne sont pas capables , et l'on ne peut assez déplorer la négligence qui a fait cesser cet usage , c est-à-dire que l'on ne faisoit pomt de catéchismes aux enfants Plusieurs , soit par ignorance, soit par présomption , négligent les temps marqués par les canons pour l'administration du baptême, qui sont les fêtes de Pâques et de la Pentecôte. Nous leur déclarons qu'ils ne seront pas impunis s'ils ne se corrigent. On ne doit point recevoir pour parrains ceux qui ne sont pas instruits , puisqu'ils sont obligés à instruire ceux dont ils répondent devant Dieu. On ne recevra point non plus pour parrains, soit au baptême, soit à la confirmation, ceux qui font pénitence pubfique. On exclura des ordres ecclésiastiques ceux qui ont été baptisés en maladie , ou de quelqu'autre manière irrégulière, c'est-à-dire hors les temps réglés. On ne donnera la confirmation que dans les mêmes jours où on baptise , et les évéques seront à jeun quand ils la donnent , excepté les cas de nécessité (2).

Défense aux prêtres, sous peine de déposition , de quitter les églises consacrées à Dieu , pour célébrer la messe dans des maisons et des jardins, quoiqu'il y ait des oratoires bâtis et ornés pour cet effet, il vaut mieux ne pas entendre la messe que de l'entendre en un lieu où il n'est pas permis (3). Or, il n'est permis de célébrer hors de l'église qu'en voyage , lorsque l'église est trop éloignée , parce qu'alors c'est une nécessité , afin que le peuple ne soit pas privé de la messe et de la communion , encore doit-on se servir d'un autel consacré par l'évêque. La loi ne permet pas d'offrir le sacrifice en tout lieu, mais seulement dans celui que le Seigneur a choisi (4). II est aussi défendu aux prêtres de célébrer la messe seuls (5) ; ce qui montre que les messes basses et particulières commençoient à devenir fréquentes.

Plusieurs prêtres, dit le concile, soit par négligence , soit par ignorance , imposent aux pécheurs des pénitences autres que les canons ne prescrivent , se servant de certains petits livres qu'ils nomment pénitentiels; c'est pourquoi nous avons tous ordonné que chaque évêque , dans son diocèse, recherche soigneusement ces livres erronés pour les mettre au feu , afin que les prêtres ignorants ne s'en servent plus pour tromper les hommes. Et ces prêtres seront exactement instruits par leurs évéques de la

(4) Deul. XII, tù,

[Ande J.-C. 820.

An de J.-C. 828. ]

discrétion avec laquelle ils doivent interroger ceux qui se confessent , et de la mesure de pénitence qu'ils doivent leur imposer. Car jusqu'ici, parleur faute, plusieurs crimes sont demeurés impunis , au grand péril des âmes. On recommande , en particulier, de rejeter ces nouveaux pénitentiels, qui trompoient les pécheurs par de vaines espérances , et de s'en tenir à la sévérité des anciens canons touchant les impuretés abominables qui n'étoient alors que trop communes. Personne ne doit aller se confesser dans les monastères, et les prêtresmoines ne peuvent recevoir les confessions que des moines de leur communauté. Chacun se doit confesser à celui qui lui peut imposer la pénitence canonique , et le réconcilier si l'évêque l'ordonne. Nous voyons ici comment les pénitences ont commencé à se relâcher, par rignorance et la témérité des particuliers (1).

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