‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 516 sur 2407 · LVIII. Mort de l'empereur Louis · texte numérisé non relu

LVIII. Mort de l'empereur Louis

Celle de l'empereur Louis fut encore précédée d'une grande éclipse de soleil , que le même astronome ne manque pas d'observer , comme en étant un présage (1). Louis, roi de Bavière, avoit pris les armes, indigné d'un nouveau partage que l'empereur , son père, avoit fait à son pi'éjudice en faveur dv ses frères, Lothaire et Charles. L'empereur, l'ayant appris, partit de Poitiers, où il avoit passé l'hiver, et se mit en marche pendant le carême de l'année huit cent quarante. C'étoit contre sa coutume , car il passoit ordinairement ce saint temps à chanter des psaumes , prier , assister à la messe , distribuer des aumônes, et l'employoit entièrement en œuvres de piété , en sorte qu'à peine prenoit-il un jour ou deux pour mont«T à cheval et faire un peu d exercice. Alors , quoique déjà vieux , et malade d'une fluxion sur la poitrine, il se fit un devoir de marcher contre le roi Louis , son fils.

Il célébra la fête de Pâques à Aix-la-Chapelle, avec sa dévotion ordinaire ; puis , ayant passé le Rhin et appris que son fils s'étoit retiré, il indiqua un parlement à Wormes, et manda Lothaire de s'y trouver. Alors arriva cette terri bh' éclipse, le troisième jour des Rogations, c'est-à-dire le cinquième de mai, veille de l'Ascension. L'empereur , ayant entièrement perdu l'appétit et les forces, fut obligé de camp<T en une île , prés de Mayence, et se mettre au lit. Il étoit sensiblement afflige de l'état de l'Eglise, et des troubles qu'il prevoyoit entre ses enfants , dont toutefois sa foiblesse, pour Judith et pour Charles, étoit la principale cause. Un grand nombre d'évêques et d'autres ecclésiastiques etoienl auprès de lui pour le consoler , entre autres Helli, archevêque de Trêves , Otgar de Mayence , Drogon, frère de l'empereur, évéque de Metz et anhiehapelain. Comme c'étoit en lui qu'il se confioit le plus , il se confessoit à lui tous les jours, et recevoit tous les jours le corps de Notre S<'igneur. Ce fut la seule nourriture qu'il prit

An de J.-C. 840. ]

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