‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 517 sur 2407 · LIVRE QUARANTE-SEPTIEME · texte numérisé non relu

LIVRE QUARANTE-SEPTIEME

(1) Molan. in Usuard. U \ju. Àslronom, Ann. Bert.

(2) Aslron.

(3; Jercm. %, 2.

(l) Astron.

pendant quarante jours ; et il disoit : Vous êtes juste , seigneur , de me faire à présent jeûner malgré moi , puisque j'ai passé le carême sans jeûner.

Il dit à son frère Drogon d'appeler les officiers de sa chambre, et fit faire un inventaire de tous les meubles qu'il porloit avec lui : couronnes et autres ornements royaux , armes et vaisselle, livres et habits sacerdotaux, puis il en ordonna la distribution aux églises, aux pauvres, et à ses deux fils, Lothaire et Charles, il envoya à Lothaire une couronne, une épée et un sceptre qu'il lui donnoit, à la charge d'êtreloujoursuni à Charles età sa mère Judith, et de conserver au jeune frère la portion du royaume qui lui avoit été donnée. A près quoi, l'empereur i^ouis rendit grâces à Dieu de ce qu'il ne lui restoit plus rien dont il pût disposer. Cependant Drogon, de Lavis des autres "évêques , lui demanda s'il ne vouloit pas pardonner à son fils Louis. L'empereur témoigna d'abord l'amertume de son cœur, puis il délibéra ; et, ramassant le peu qu'il lui restoit de forces , il commença à raconter les mauvais traitements qu'il prétendoit en avoir reçus. Enlin il ajouta : Puisqu'il ne peut venir pour satisfaire à son devoir , je fais ce qui dépend de moi , et je prends Dieu à témoin et vous aussi, que je lui pardonne toutes les offenses qu'il m'a faites. C'est à vous à l'avertir de ne se pas oublier.

Ensuite, comme c'étoit le samedi au soir, il fit chanter devant lui l'office nocturne du dimanche, et mettre sur sa poitrine du bois de la vraie croix. Il en fit le signe sur son front tant qu'il eut assez de force ; quand il étoit las, il prioit Drogon par signe de le faire. Il passa ainsi la nuit, et le lendemain il fil préparer un autel , où Drogon célébra la messe et le communia. Puis l'empereur le pria et les autres assistants de prendre un peu de repos. Quand il sentit approcher sa fin, il rappela Drogon, qui fut suivi des autres évêques. L'empe.eur leur fit entendre c(>mme il put qu'il se recommandoit à eux, et demanda les prières des agonisants. Pendant qu'on les faisoit , il tourna les yeux à gauche avec indignation, en disant de toute sa force : Houts, houis, qui signifioient en tudesque Dehors , dehors. On crut qu'il voyoit le malin esprit , et aussitôt il leva les yeux au ciel avec de grands signes de joie. Il mourut ainsi le vingtième de juin huit cent quarante , la soixante-quatrième année de son âge, la vingt-septième de son régne comme empereur. Son corps fut transporté à Metz , et enterré avec grande solennité dans l'église de Saint-Arnoul, près d'Ilildegarde , sa mère.

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