‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 527 sur 2407 · LIVRE QUARANTE-HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUARANTE-HUITIÈME

et que Théodora n*avoit ainsi parlé que pour l'âflection qu'elle lui porloil.

Mélhodius fut donc ordonné patriarche de Constanlinoplo l'an huit cent quarante-deux , et le premier dimanche de carême , selon les Grecs, qui, selon nous , seroit le scroîid , il passa la nuit en prières avec l'impératrice et tout le peuple dans 1 église de Notre-Dame de B aquernes , d'où le malin ils allèrent en procession à Sainte-Sophie ; la messe y fut célébrée , et les images rétablies solennellement. Ensuite l'impératrice donna un festin dans le palais à tout le clergé et aux confesseurs, qui avoient souffert pendant la persécution ; et elle continua cette fête toule sa vie. On la nomma la fête d'Orthodoxie, comme qui diroit, du rétablissement de la religion calholique , et l'église grecque la célèbre encore le même jour, c'est-à-dire le dimanche qui termine la première semaine de leur carême. On y chante à l'oflice de la nuit une hymne du confesseur Théophane de Jérusalem, qui fut ordonné archevêque de Nicée, en récompense de ses souff ances, et on y lit une légende qui contient l'histoire de l'hérésie des iconoclastes, mêlée de quelques fables (1). Le malin on lit la procession, où on porte la vraie croix et les images ; et on y chante un canon ou hymne attribué à saint Théodore Sludite , mais qui parolt plutôt fait après sa mort. Tout cela se lit dans le Trisodion, qui contient l'office grec du carême ; et ainsi flnit l'hérésie des iconoclastes, environ six-vingts ans après que l'empereur Léon Isaurien l'eut introduite (2).

VU. Fin de Jonas d'Orléans.

Claude de Turin, qui seul en Occident avoit soutenu cette hérésie , étoit mort depuis quelque temps, c'est-à-dire avant l'empereur Louis le débonnaire. De ses commentaires sur l'Ecriture, celui de l'épître auxGalatesest imprimé ; mais il s'en trouve plusieurs autres manuscrits en diverses bibliothèques, savoir, sur lelévitique, sur le livre de Ruih , sur saint Matthieu, sur l'épitre aux Romains , les deux aux Corinthiens, l'épitre aux Ephésiens. L'empereur Louis ayant reçu son écrit contre l'abbé Théodemir touchant les images , et l'ayant fait examiner par les plus habiles gens de son palais, le désapprouva, et en envoya un extrait à Jonas, évêque d'Orléans, pour le réfuter (3). Jonas y travailla , et l'ouvrage étoit déjà bien avancé quand il apprit que Claude étoit mort. Alors il crut que son erreur étoit éteinte avec lui , et résolut de n'en pas écrire davantage. Depuis il apprit, par des personnes dignes de foi , que Claude avoit laissé des dis-

(1) Vila c. 15, Ap. Sur.

26dec.Sup. liv XLVii,n.i2.

(2j Sup. liv. XLii, 1.

(3) Sup. liv. XLVii, n. 20.

Bibl. P. R. Lugd. Lab.

Script, p. 228. îMabill. i.

Annal, p 46. Dupin. 9 siècle, ch. 1, p. ao. Jonas, Prœt*. in Ub. de Imag.

cîples : qu'outre son erreur contre les images, il avoit renouvelé , l'arianisme , et en avoit composé des écrits qu'il avoit laissés dans les archives de sa maison épiscopale. Ces considérations et les exhortations des personnes pieuses engagèrent Jonas à achever son ouvrage; mais, l'empereur Louis étant mort , il le dédia au roi Charles, son lils, dont il se trouvoit sujet.

Ce traité est divisé en trois livres , et l'extrait de l'apologie de Claude contre Théodemir y est inséré et réfuté par partie. Jonas y suit la méthode qu'avoit suivie Dungal , et emploie à peu près les mêmes preuves. 11 soutient que l'on ne doit garder les images qui» pour la mémoire et linstruction , sans leur rendre aucun culte ; et toutefois il ne veut pas que l'on traite d'idolâtres ceux qui prient devant elles en l'honneur des saints , parce qu'ils confessent et professent la foi de la sainte trinité. Jonas mourut l'an huit cent quarantetrois, après avoir tenu vingt-deux ans le siège d'Orléans, et eut Agius pour successeur (1).

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