LX. Cité Léontine
Cette année huit cent cinquante-deux, qui étoit la sixième du pape Léon IV, la nouvelle ville qu'il faisoit bâtir autour de l'église Saint- Pierre fut achevée, et il la dédia s(dennellement le vingt-septième jour de juin (2). 11 la nomma, desonnom,la citéLéontine; et, ayant assemblé plusieurs évêques et tout son clergé, on chanta les litanies, le psautier, des hymnes et des cantiques : la procession fit le tour des murailles nu-pieds el la cendre sur la tête, et le pape fit faire par les évêques cardinaux de l'eau bénite, dont ils arrosoient les murs en passant. Il prononça trois oraiso-s, une à chaque porte de la nouvelle ville; puis il célébra fa messe dans
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sont rachetés parle sang de Jésus-Christ ne peut périr. Secondement , que le baptême 1 eucharistie et les aulres sacrements ne sont donnés que pour la forme à ceux qui périssent el ne produisent en eux aucun effet, et c'est le troisième chef.En sorte qu'encore qu'extérieurement ils aient été baptisés et ai(;nt reçu les autres sacrements, ils n'ont jamais été membres de l Eglise. Quatrièmement, que les réprouves sont tellement prédestinés au mal, qu'aucun d'eux ne peut jamais être sauvé , comme SI la prédestination imposoit nécessité de mal faire. Cinquièmement , que la prédestination des réprouvés à leur perte est aussi irrévocable que Dieu est immuable. Sixièmement, que Dieu elles saints se réjouissent de la perle des réprouvés. Enfin, Amohm trouvoit mauvais que Gothescalc chargeât d injures les évêques, ses adversaires, et les traitât d'hérétiques et de rabaniques,au mépris de Raban, évéquesi docte et si vénérable. 11 lexhorte à s'humilier et se soumettre à l'autorité des évêques pour
^ (i) V. Virm. Not. ad.
Avit. p.2o. Baluz.adAmol.
p. 150. Maug. lo. 1, 585.
(i) Epist. Agob.
to. 2,
présents à tout le peuple, Romains et étran^'rers, en or, en argent, el en draps de soie i en sorte qu'il y eut ce jour-là une grande joie dans Rome.
Le pape songeoit cependant à fortifier la ville de Porto contre les incursions des ennemis , quand il se présenta à lui un grand nombre de Corses, que la crainte des Sarrasins avoitchassésdechezeux, et quiétoient errants, sans demeure fixe. Après avoir exposé leur misère, ils promirent, si on vouloit les recevoir, dedemeurer, eux et leurs successeurs,^ au service du pape, qui de son côté leur offrit la ville de Porto bien fortifiée , avec des vignes des prés et des terres labourables , des bœufs' des chevaux, et d'autres bestiaux s'ils venoient s'y établir avec leurs femmes et leurs enfants. Ils en furent contents, et le pape leur donna un précepte ou acte de donation , sous le bon plaisir des empereurs Lothaire et Louis. Les terres qui leur furent donnt»es appartcnoient à l'église, à des monastères, et à divers particuliers.
(1) Maug. Diss. c. 23, p. 179. (2) Anast.
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HISTOIRE DU CHRISTIANISME
[AndeJ.'C. 852
An de J.-C. ssa.j