‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 597 sur 2407 · Elmar. lib. u, c. Il, p · texte numérisé non relu

Elmar. lib. u, c. Il, p

An de J.-C. 858.]

c'est que , par un exemple inoui de cruauté, il fut déchiré à coups de fouet , comme nous ont raconté ceux qui étoient présents, jusqu'à ce qu'il jetât dans un feu allumé devant lui un mémoire où il avoit recueilli des passages de l'Ecriture et des pères , pour les présenter aa concile, au lieu que tous les hérétiques passés ont élé convaincus par des paroles et des raisons. La longue et inhumaine détention de ce pauvre homme devoit, ce nous semble, être du moins tempérée par quelque consolation, pour gagner parla charité ce frère, pour qui Jésus-Chrisl est mort , plutôt que de l'accabler de tristesse. Celte réponse aux trois lettres est suivie d'un traité plus court, qui a pour titre : Rés<Mution d'une question de la condamnation générale de tous les hommes par Adam , et de la délivrance de quelques élus par Jésus-Christ.

Je n'entre point dans le détail de la doctrine contenue dans tous ces écrits, parce que cet examen seroit ennuyeux sans é re utile. Tous ces auteurs ne prélendoient soutenir que la doctrine de l'Eglise , enseignée par saint Augustin et par les autres pères, que nous avons entre Ic^ mains ; et, puisque nous pouvons les entendre par nous-mêmes , il importe peu de savoir si quelques-uns de ces auteurs du neuvième siècle h»s entendoient mal. L'autorité de ces derniers n'est pas assez grande pour régler nos sentiments, et il n'est pas de mon dessein de rapfK)rter toutes les disputes des docteurs particuliers, quand elles n'ont point produit de nouvelle détinition de foi ou de décret que nous soyons obligés de suivre.

Ce qui est de plus remarquable , c'est que l'on convenoitde part et d'autre que, de tous les pères, saint Augustin étoit celui dont l'autorité devoit plus être suivie en a»s matières de la prédestination et de la grâce , et de là vient qu Hincmar s'attachoit si fort à soutenir que le livre intitulé Hypomnesticon ou Hypognosticon, étoit de saint Augustin (1). L'église de Lyon soutenoit le contraire , et tous les critiques conviennent aujourd'hui qu'il n'en est pas. Mais ce qui résulte clairement de cette dispute sur la doctrine de Gothescalc, c'est que l'on ne connoissoit point encore alors d'autre théologie que l'étude de l'Ecriture et des pères, c'est que les évêques étoient encore regardés comme les vrais docteurs de l'Eglise, et qu'il y en avoit plusieurs en France très-savants. Il est vrai que leur style n'est pas net et précis comme celui des meilleurs siècles, et ^M\\È y mêlent beaucoup d'expressions dures qui se sentent de la grossièreté du temps.

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