IX. Suite da concile de Soissons
Hériman, évêque de Nevers, étoit attaqué d'une maladie qui , lui troublant l'esprit, lui faisoit commettre des actions indignes de son rang et préjudiciables à son église (I). Il fut enjoint à l'archevêque de Sens son métropolitain d'aller à JVevers, avec quelques autres évêques, pour
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HISTOIRE DU CHRISTIANISME
y régler toutes les affaires de cette église ; et de garder à Sens auprès de lui 1 evéque Hériman pendant l'été, quiétoit la saison la plus contraire à son mal, ptmr régler sa conduite, autant qu'il seroit possible.
L'élection de Bouchard pour l'église de Chartres étoit contestée (1). Le roi Charles vouloit qu'il en fût évéque ; mais il avoit une très-mauvaise réputation, qui empéchoil l'archevêque Vénilon de l'ordonner, llincmar, Pardule et Agius, évéque d Orléans, l'exhortèrent en particulier à leur déclarer, s'il connoissoit en lui quelqu irrégularité , qui le rendit indigne de l'épiscopat. Lue partie du clergé et du peuple, qui étoient présents, lui rendoit bon témoignage. Etant rentré dans le concile, il dit, qu'il y auroit de l'arrogance à se prétendre digne d'un tel rang ; mais que, si quelqu'un vouloit laccuser de quelque crime, il étoit prêt à se justitier. Il ne se présenta point d'accusateur ; ainsi pour ne pas laisser plus long-temps vacant le siège de Chartres, le concile ordonna que l'archevêque de Sens enverroit sur lieux des commissaires examiner l élection de Bouchard, et lui en faire le rapport, aûn qu'il fut ordonné canonique-
ment.
Deux moines de Saint-Médard de Soissons en avoient voulu tirer Pépin , neveu du roi Charles, et hls de Pépin, roi d'Aquitaine , qui avoit été renfermé par le conseil des évéques et seigneurs (2). Ces moines ayant tente de s'enfuir avec lui en Aquitaine , la communauté de Saint-Médard avoit examiné leur cause en présence de plusieurs abbés, et les avoit chassés comme incorrigibles , suivant la règle Saint-Benoît. Rothade, évéque de Soissons, les fit amener au concile par son archidiacre : ils furent déposés, car il étoient prêtres , et relégués séparément en des monastères éloignés.
Le roi Charles se plaignit au concile d'un diacre de l'église de Reims , nommé Ragenfroy, qui étoit accusé d'avoir fait de fausses lettres en son nom, et il lui fut défendu de s'absenter du diocèse de Reims , jusqu'à ce qu il se fût justifié. Les autres canons de ce concile contiennent des règlements généraux , que les évéques prioient le roi d appuyer de son autorité ; et pour cet effet il publia dans la septième session un capitulaire de douze articles (3).
Le premier porte que le roi enverra des commissaires, pour visiter tous les monastères, avec l'évéque diocésain et celui qui jouit du monastère. C'étoit souvent un laïque (4). On y réglera le nombre de moines ou de chanoines , leur manière de vie , leur nourriture et leur entretien , l'hospilalilé , les bâtiments et les réparations nécessaires. On dressera des états des biens , et du dégât que les Normands
[Andc J.-C. 853.
fr (1) C. 3, lom. 8, Conc.
(2) C. 5. An. Bertin.853.
(4) Tom. 8, Conc. p. 92.
Capit. to. 2, p. 53.
y ont causé. Défense aux seigneurs d'eropéchfT les évéques de faire battre de verges les colons ou paysans, serfs, sujets des mêmes seigneurs, quands ils l'auront mérité pour leurs crimes. Le comte et les officiers publics doivent accompagner l'évéque en sa visite , et lui prêter main forte, pour obliger à la pénitence et à la satisfaction ceux qu il ne peut y réduire par l'excommunication (1). Ainsi les évéques niéloient la puissance temporelle à la spirituelle. Le reste de ce capitulaire regarde la conservation des biens ecclésiastiques.