‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 604 sur 2407 · XV. Concile de Rome · texte numérisé non relu

XV. Concile de Rome

Sur la fin de la même année, le pape Léon IV tint à Rome, dans l'église de Saint-Pierre, un concile de soixante-sept évéques (3) , entre lesquels il y en avoit quatre envoyés par l'empereur Lothaire, savoir : Joseph d'Yvrée, «ottingue de Bresse , Pierre de Spolette , et Pierre d'Arréze. Jean , archevêque de Ravenne, y envoya à sa place un diacre nommé Paul. Le concile s'assembla le huitième jour de décembre, indiction seconde, la septième année du pape Léon, la trente-septième de l'empereur Lothaire , la cinquième de son fils Louis, c'està-dire l'an huit cent cinquante-trois. D'abord le diacre Nicolas lut un discours du pape au concile , et le diacre Benoît lut une réponse au nom des évéques : puis on publia quarantedeux canons, dont les trente-huit premiers sont ceux du concile tenu par le pape Eugène Il , en huit cent vingt-six , avec quelques additions (4). Les quatre derniers canons faits

(1) C. 21. 8, Conc. p. 801, 113.

(2) Mart. R.17 et 19 sept. (4j Sup. Hv. .XLVU, n. 11,

(3) Anast. in Lco. tom. c 30; ào, il, ii,p. 120.

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

de noûtèàu en ce concile , portent : Que l'on retranchera le nombre superflu des prêtres qui se trouvoienl à Rome, ordonné par les évêques les plus voisins , et dont le tiers sutTisoit pour faire le service. Tous les prêtres de la ville et de la campagne viendront au synode de leur évéque. Les laïques ne mettront point de prêtres d'un autre diocèse dans les églises de leur dépendance, sans le consentement de l'évéque diocésain , sous peine d'excommunication contre le laïque, et de déposition contre le prêtre. Les abbés ni les autres patrons ecclésiastiques ne se donneront point non plus cette liberté. Car les prêtres ne peuvent être placés que par ceux qui ont droit de les ordonner et de les corriger, c'est-à-dire par lesevêques. En ce même concile, fut déposé Anastase , prêtre cardinal de l'église romaine du tilre de Saint- Marcel. Depuis cinq ans, il avoit quitté Rome, et demeuroit dans le diocèse d'Aquilée. Le pape l'avoit averti par lettres jusqu'à quatre fois, et l'avoit excommunié en deux conciles, pour sa désobéissance. Ensuite le pape se trouvant à Ravenne avec le jeune empereur Louis, obtint de lui un ordre au prêtre Anastase de retourner à son église à un jour marqué , et chargea de l'exécution Nottingue, évéque de Bresse, et le comte Adalgise. Le terme étant passé, le pape, du consentement des évêques, Tanathématisa. Puis étant parti de Ravenne et revenu à Rome , comme il sut qu' Anastase s'éloit avancé jusqu'à Clusiura en Toscane, il lui envoya trois évêques, pour le citer au concile, qui se devoit tenir le quinzième novembre de la même année huit cent cinquante-trois , et il manqua encore.

Le pape fit donc lire dans ce concile du huitième de décembre , une lettre où il rapporloil toute cette procédure. Les trois évêques qui avoienl été envoyés à Anastase firent leur rapport, et on lut la citation dont ils étoient chargés. Le pape demanda aux évêques envoyés de lempereur pourquoi ils ne représentoient point ce prêtre suivant son ordre, et ils dirent qu'ils n'avoient pu le trouver. Enfin de l'avis du concile , et suivant le troisième canon d'Anlioche, le [)rêtre Anastase lut déposé, et Tacte de déposition souscrit par le pape, l'empereur Louis, cinquante-neuf évêques présents, huit députés d'absents, vingt prêtres et six diacres de l'église romaine (1).

♦ XVI. Fondation de Léopolii.

La ville de Centumcelles étoit déserte depuis quarante ans, et ses murailles étant ruinées, elle étoit exposée aux insultes des Sarrasins ; ce qui avoit obligé ses habitants à se . retirer dans les bois et sur les montagnes , où ils vi voient comme des bêtes , dans des alarmes continuelles (2). Le pape Léon en eut pitié.

[ An deJ.-C. 853.

AndeJ.-C. èsi]

et s> transporta pour chercher un li( u plus sûr, où l'on put transférer la ville. Enfin, il le trouva à douze milles de là sur la montagne , et y (il bàlir une ville nouvelle, qu il nomma de son nom Léopolis, et en fit solennellement la dédicace, comme il avoit fait celle de la ville de Saint-Pierre. H fit le tour en procession, jetant de l'eau bénite siir les murailk»s, et, ayant célébré la messe, il distribua de sa main des largesses au peuple (Ij. Il fit aussi de grands présents aux églises de cette nouvelle ville, d(mt la dédicace fut le quinzième d'octobre, la huitième année du pontificat de Léon, qui est l'an huit cent cinquante-quatre. Dans lasuile des siècles, celle demeure s'est trouvée moins commode , et les habitants sont retournés à l'ancienne Centumcelles sur la mer, qu'ils ont nommée pour cette raison Ci^^ita f^ecchia^ vieille ville(2).

Page 1