Maug. Diss. c
(2) Tom. 8, p. 134, c. 1, 2, 3.
Il a prévu que les uns seroient bons par sa grâce, et par sa même grâce recevroiept la récompense éternelle ; et il a prévu que les autres seroient mauvais par leur propre malice, et par sa justice condamnés à la peine éternelle. La prescience de Dieu n'impose à personne la nécessité d'être mauvais : personne n'est condamné par le préjugé de Dieu , mais par le mérite de sa propre iniquité. Les méchants ne périssent pas parce qu'ils n'ont pu être bons , mais parce qu'ils ne l'ont pas voulu, et sont demeurés par leur faute dans la masse condamnée. Nous confessons hardiment la prédestination des élus à la vie , et la prédestination des méchants à la mort; mais dans le choix de ceux qui seront sauvés , la miséricorde de Dieu précède leur mérite ; et dans la condamnation de ceux qui périront, leur démérite précède le juste jugement de Dieu. Il n'a ordonné par sa prédestination que ce qu'il devoit faire par sa miséricorde gratuite ou par son juste jugement C'est pourquoi dans les méchants il a seulement prévu , et non pas prédestiné leur malice, parce qu'elle vient d'eux et non de lui. Mais il a prévu, parce qu'il sait tout, et prédestiné , parce qu'il est juste, la peine qui doit suivre leur démérite. A u reste , que par la puissance divine quelques-uns soient prédestinés au mal, comme s'ils ne pcmvoienl être autre chose, non-seulement nous ne le croyons point , mais si quelqu'un le croit, nous lui disonsanathème. Quant à la rédemption du sang de Jésus-ChrisC, ceuxlà se trompent qui disent qu'il a été répandu même pour les méchants, qui, étant morts dans leur impiété , ont été damnés , depuis le commencement du monde jusqu'à la passion de Jésus-Christ. Et nous disons, au contraire, que ce prix n'a été donné que pour ceux qui croient en lui. Nous rejetons au reste, comme inutiles, nuisibles et contraires à la vérité, les quatre articles qui ont été reçus avec peu de précaution par le concile de nos frères. Nous rejetons aussi dix-neu^ autres articles, qui sont des conclusions de syllogismes impertinents , et contiennent des articles du diable plutôt que des propositions de foi. Nous les interdisons par l'autorité du Saint-Esprit, et voulons que les auteurs des nouveautés soient réprimés. Les quatre articles sont ceux du concile de Quiercy (1;) les dix- neuf, ceux de Jean Scot. Le concile continue :
Nous croyons que tous les Odèles baptisés sont véritablement lavés par le sang de Jésus^ Christ, et qu'il n'y a rien d'illusoire dans les sacrements de l'Eglise, mais que tout y est vrai et effectif (2). Toutefois, de cette multitude de fldèles, les uns sont sauvés, parce qu'ils persévèrent par la grâce de Dieu ; les autres n'arrivent point au salut , parce qu'ils rendent inutile la grâce de la rédemption par leur mauvaise doctrine ou leur mauvaise vie. Tou-
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(l; Sup. 12.
HISTOinfi DV CHRISTlAiMSME.
[An de J.-C. 855.
chant la grâce, par laquelle sont sauves ceux qui croient , et sans laquelle aucune créature raisonnable n'a jamais bien vécu ; et touchant le libre arbitre affoibli dans le premier homme et guéri par la grâce de Jésus-Christ , nous croyons ce qu'on t enseigné les pères par l'autorité de l'Ecriture , ce que le concile d'Afrique et le concile d'Orange ont déclaré , et ce que les papes ont tenu. ÎVIais nous rejetons avec dédain les questions impertinentes et les fables des Ecossois, qui ont causé dans ces temps malheureux une triste division. C'est encore Jean Scot Erigène qui est marqué par ces paroles.
Les autres canons du concile de Valence regardent la discipline (1). On commence par l'ordination des évéques. Le prince sera supplié de laisser au clergé et au peuple la liberté de l'élection. On choisira ou dans le clergé de la cathédrale, ou dans le diocèse , ou du moins dans le voisinage. Que, si on prend un clerc attaché au service du prince , on examinera soigneusement sa capacité et ses mœurs , de quoi on charge la conscience du métropolitain; et on lui enjoint de faire auprès du prince , du clergé et du peuple , tout ce qui sera nécessaire pour ne pas ordonner un évéque indigne. Les métropolitains veilleront sur les mœurs et la réputation des évéques. Les évéques se soutiendront l'un l'autre, contre ceux qui sont rebelles à l'Eglise: en sorte qu'ils se soumettent à la pénitence, ou que, s'ils demeurent excommuniés, ils ne trouvent personne qui les reçoive. On n'admettra point en justice deux serments contraires , puisque l'un des deux est nécessairement un parjure. On ne souffrira point les duels , quoique autorisés par la coutume : celui qui aura tué en duel sera soumis à la pénitence de l'homicide ; celui qui aura été tué sera privé des prières et de la sépulture ecclésiastique ; et l'empereur sera supplié d'abolir cet abus par des ordonnances publiques.