LIVRE QUARANTE-UNIÈME
nage un lieu propre pour leur établissement. L etoit un oratoire de saint Vincent , sur le bord du fleuve Voltorne , à mille pas de sa source. Des deux côtés du fleuve éloient des bois qui servoient de retraite à des voleurs Vous y rendrez , leur dit-il, la sûreté aux voyageurs, la fertilité à la terre avec le secours de Dieu. 11 alla lui-même trouver le duc Gisulfe, et en obtint le don de c€tte place. Les trois cousins y allèrent sans rien porter ; mais la nuit même un homme inconnu leur apporta de la farine et du vin. Paldon fut établi le premier abbé de ce monastère de saint Vincent , près la source de Voltorne , qui fut depuis très-célèbre. On en rapporte la fondation à l'an sept cent trois , et Paldon , après l'avoir gouverné dix-sept ans , mourut l'an sept cent vmgt, sous le pontificat de Grégoire II l'onzième jour d'octobre.
VIT. Vitlza, roi d'Epagne.
Paol.diAC.Hist.
(1) Acla SS. Ben. t. 3, p. (2) Ibid. p. 285. ♦*5- (3; Acl. t.l, p. 131.
En Espagne , le roi Egica étant mort, son fils V itiza , qu'il avoit déjà associé à la couronne, lui succéda l'ère sept cent trente-neuf c'est-à-dire l'an de J.-C. sept cent-un, et régna neuf ans (1). 11 fit tenir un concile dans reghse de Saint-Pierre , près de Tolède , par les évêques et les seigneurs pour le règlement de son royaume , mais il n'en reste ni actes ni canons. C'est le dix-huitième et dernier concile de Tolède. Vitiza usa de clémence au commencement de son règne , rappela les exilés et soulagea son peuple; maisdansla suite il commit des injustices, et s'abandonna à la débauche. 11 avoit plusieurs femmes tout ensemble et plusieurs concubines; les grandssuivirent son exemple, il s'étendit au reste du peuple, et même au clergé. Gonderic étoit alors archevêque de Tolède, illustre par sa sainteté , et même par ses miracles. Il eut pour successeur Sinderéde qui , par un zèle mal réglé , traita rudement des hommes anciens et vénérables de son clergé. Le roi Vitiza l'y excitoit , craignant la vertu de ces personnages , qui lui résistoient en face, et lui reprochoient ses crimes. Se voyant donc maltraités par leur archevêque, ils appelèrent au pape ; mais Vitiza, craignant que leur autorité ne détournât le peuple de son obéissance, non-seulement permit, mais commanda à tous les clercs d'avoir des femmes et des concubines publiques, même plusieurs s'ils vouloient , et de ne point obéir aux constitutions romaines qui le défendoient. Cette licence produisit une corruption extrême. Enfin Vitiza donna rarchevêché de Tolède à son frère Oppa , déjà archevêque de Séville du vivant de Sinderéde , violant doublement les canons (2). Il rappela les juifs, et donna plus de privilèges à leurs synagogues que n'en avoient les églises.
(1) Roderic. Iib.n,c. 15. (2) C. 10,17. Isid. Pacens. p. 10, 11.
HISTOIRE DU CHRISTIANISME
[ Ad de J.-C. 703.
[AndeJ.-C.70S.