XXV. Mort de Léon IV
Le pape Léon IV mourut la même année huit cent cinquante-cinq, le dix-septième de juillet, après avoir tenu le saint-siège huit ans et trois mois , et fut enterré à Saint-Pierre. 11 Ot deux ordinations, une au mois de décembre, l'autre au mois de mars, et ordonna dix-neuf prêtres et huit diacres, et pour divers lieux soixante-trois évéques. Il institua l'octave de l'assomplion de la Sainte-Yierge , qui ne se célébroit point encore à Rome; et, la première fois, il distribua des pièces d'argent au peuple. Outre les bâtiments qui ont été marqués, il fonda plusieurs monastères. Il en fit un de religieuses dans sa propre maison, qu'il dédia à saint Symmitre et saint Césaire j
il rebâtit et orna celui de Saint-Martin , où il aToitélé moine; il rétablit celui de Corsare, qui ne servoit plus qu'à loger des séculiers , et y mit des religieuses. Un jour, étant allé faire ses prières à Saint-Laurent, il demanda combien de moines y faisoient le service. On lui répondit que quelques-uns de ses prédécesseurs y avoient établi deux monastères , mais que la pauvreté les avoit fait abandonner. Il en rétablit un sous le nom de Saint-Etienne et de Saint-Cassien , le dota suffisamment , et y mit des moines grecs pour faire l'office jour et nuit (1). Entre les ornements qu'il renouvela , on marque une croix d'or qu'un sous-diacre portoit devant le cheval du pape , selon l'ancienne coutume.
On lui attribue une instruction aux prêtres , qui se trouve insérée dans le pontifical romain, à la fin de la forme de tenir le synode des évéques (2). Les prêtres y sont exhortés à se lever toutes les nuits pour les prières nocturnes , et à chanter l'office aux heures marquées. Chaque prêtre doit avoir un clerc ou disciple qui lui aide à chanter les psaumes et répondre à la messe. Il doit inviter le peuple à se confesser le mercredi des cendres , et imposer les pénitences; l'exhorter à communier quatre fois, à Noël , le jeudi-saint , à Pâques et à la Pentecôte; ne rien exiger pour les fonctions ecclésiastiques. Le rt^te est assez semblable aux instructions d'Hincmar (3) : ce qui fait voir la discipline du temps.