Sirm. Hic. Mabill. Obs
4, ad Vilam S. Euch. l. 3.
Ad. 3, p. 595, C. ,8, 9, 10,
ment du peuple de ce royaume, ont sacré votre frère avec le saint-chrême, après quoi il a ele reconnu pour roi par lè'glise romaine, notre mère. Lisez les livres des rois, vous verrez, par l'exemple même de Saul réprouvé, le respect qui est dû aux oints du Seigneur, elec que nous révérons en votre frère, outre la tidélitè et la reconnoissance que nous lui devons. Voudriez- vous augmenter votre royaume
aux dépens de votre àme, ou nous priver du sacerdoce, comme nous mériterions de l'être si nous vous abandonnions nos églises contre l'ordre de Dieu et la raison ; car les églises que Dieu nous a confiées ne sont pas des fiefs quÇ le roi puisse donner ou ôter comme il li^J plait. Ce sont des biens consacrés à Dieu, dont on ne peut rien prendre sans sacrilège ; et nous autres èvêques nous ne sommes pas des séculiers qui puissions nous rendre vassaux ou prêter serment contre la défense de l'Ecriture' et des canons. Ce seroit une abomination que
des mains qui ont reçu l'onction du saintchrême, et qui, par la prière et le signe de la croix, font que le pain et le vin deviennent le corps et le sang de Jésus-Christ , servissent à un serment , non plus que la langue de Tévêque, qui, par la grâce de Dieu, est la clef du ciel ; et , si l'on a exigé quelque serment des èvêques, ceux qui l'ont exigé et ceux qui l'ont prêté doivent en faire pénitence.
Au reste , n'écoutez pas ceux qui nous traitent de félons et de personnes viles. Songez que Jésus-Christ, qui seul est roi et prêtre, a partagé le gouvernement de son Eglise entre l'autorité pontificale et la puissance royale , et n'a pas choisi pour la première des riches et des nobles , mais des pauvres et des pécheurs. Notre noblesse est d'être les successeurs des apôtres. Cependant nous ferons, comme vous lavez ordonné, des jeûnes, des prières et des processions , pour demander à Dieu qu'il apaise cette tempête. On croit Hincmar auteur de cette lettre.
XLI, Reliques de Cordoue à Paris.
Vers le même temps, les reliques de quelques martyrs de Cordoue furent apportées à Paris. On eut avis , au monastère de Saint- Germain-des-Près, que le corps de saint Vincent , son premier patron , pourroit être facilement apporté de Valence en Espagne , à cause du triste état où cette ville avoit été réduite par les Sarrasins (1). Deux moines de la maison , Usuard et Odilard , entreprirent le voyage , par la permission de leur abbé Hilduin II et du roi Charles le chauve; mais étant à Usés, ils apprirent que le corps de saint Vincent n'ètoit plus à Valence. En effet, il en avoit été enlevé dès l'an huit cent cinquante-cinq , par Audalde , moine de Conques, au diocèse de Rhodez ; mais en revenant il passii par Sarragosse, où l'évêque Senior, averti que œ moine portoit des reliques , les lui ôta et les fit enterrer dans sa cathédrale (2). Toutefois , il ne put savoir de quel saint elles étoient, quoiqu'il pressât le moine Audalde, même par les tourments , de le déclarer : car il le trompa en disant que c'étoit de saint Martin , martyr. Audalde , étant de retour à Conques sans reliques, fut traité de moine vagabond , et se retira au monastère de Saint- Benoît de Castres , qui en est à présent la cathédrale , où il fut bien reçu par l'abbé Gislebert. 11 lui découvrit son aventure; mais enfin, par l'entreprise de Salomon, comte de Cerdaigne, il obligea l'évêque de Sarragosse à rendre le corps de saint Vincent , qui fut app<3rté à Castres vers l'an huit cent soixantequatre.
Cependant ^es deux moines de Saint-Gcr-
(1) Ann. Berlin. 858.
Transi, to.9. Acl. B.p. 49.