‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 636 sur 2407 · Acl. p. 3i · texte numérisé non relu

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main furent trompés comme les autres, par le faux nom de saint Martin , et on leur disoit que saint Vincent avoit été porté de Valence à Bénévent. Désespérant donc d'avoir des reliques de leur saint patron , ils résolurent d'en apporter d'autres, pour ne pas perdre leur voyage, et s'adressèrent à Sunifred, quiétoit à Barcelone le premier après le comte. Il leur parla de la persécution qui venoit d'être exercée à Cordoue sous le roi Abdérame, et particulièrement des martyrs George et Aurélius. Aussitôt les deux moines, Usuard et Odilard, conçurent un ardent désir d*avoir des reliques de ces martyrs , et déclarèrent à Athaulfe, évêque de Barcelone , et à Sunifred, qu'ils étoient résolus d'aller à Cordoue {!). Ceux-ci , effrayés de la proposition , en détournèrent les moines autant qu'il leur fut possible ; mais enfin ils leur donnèrent des lettres, à la faveur desquelles ils obtinrent de Saùl , évêque de Cordoue , et de Samson , abbé de Pilla-Mellar, le corps entier de saint George, moine et martyr, le corps sans tête de saint Aurélius , et le chef de sainte Sabigothe , son épouse, qui est nommée Nathalie dans cette histoire , c'est-à-dire qu'elle avoit un nom goth et un nom romain. Ils apportèrent en France ces reliques , qui pendant le chemin firent plusieurs miracles, et arrivèrent le vingtième d'octobre cinq cent cinquante-huit , au village d'Esmant, appartenant à l'abbaye , où la plus grande partie des moines s'étoient retirés avec le corps de saint Germain , de peur des Normands. Le roi Charles eut une grande joie de voir son royaume enrichi de ces reliques : toutefois, pour s'assurer de la vérité, il envoya à Cordoue un nommé Mancion, qui rapporta le fait comme les deu^ç moines. Usuard, l'un d'eux, est le fameux auteur du martyrologe ; et cette histoire a été écrite sur son récit, par Aimoin, son confrère, qui vivoit alors dans le même monastère , où Ton garde encore ces saintes reliques.

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