LITRE QUARANTE-NEUVIÈME
corps et le sang du Seigneur est de vraie chair et de vrai sang; quiconque le nie, montre qu'il est infidèle; et un peu après : J'ajoute, que comme Jésus-Christ est la vérité et le vrai agneau de Dieu , qui est immolé mystiquement tous les jours [)our la vie du monde; ainsi par la consécration et la puissance du Saint- Esprit, le pain devient sa vraie chair et le vin son vrai sang. Ce qui est si certain, qu'aucun chrétien n'en peut douter, et il y a même des gentils qui le savent. Car autrefois, dans le pays des Bulgares, un seigneur païen me pria de boire, pour l'amour de ce Dieu, qui du vin a fait son sang. On juge par-là que l'auteur écrivoit avant la conversion des Bulgares , qui arriva comme nous verrons sous le pape' ]\icolasl (1). Il soutient donc en cet écrit, que le corps de Jésus-Christ dans l'eucharist'ie est bien le même qui est né de la vierge naturellement, mais non pas spécialement, c'est-àdire suivant notre manière de parler, qu'il est le même réellement , mais non selon les apparences ou espèces sensibles. On conjecture avec vraisemblance que cet écrit anonyme est la lettre de Raban à Egil , abbé de Prum ; car il est certain qu'il lui en avoit écrit une sur ce sujet (2).