LIV. Ravages des Normands
Cependant les Normands continuoient leurs ravages. En huit cent cinquante-neuf, ils firent ledegàt du pays au delà de l'Escaut. La même année, ils entrèrent dans le Betou, à l'embou-
(1) Mabil!. Pr2Bf. n. 59. (8) N, 60.
chure du Rhin (1). D'autres, étant entrés par la Somme, pillèrent le monastère de Saint- Vallery, la ville d'Amiens et les lieux d'alentour, où ils mirent tout en feu. Ceux qui étoient établis sur la Seine attaquèrent la nuit la ville de Noyon, prirent l'évêque Immon avec d'autres personnes nobles, clercs et laïques, et ayant pillé la ville , les emmenèrent et les tuèrent en chemin. Deux mois auparavant ils a voient tué Ermenfrid, évêque de Beauvais, et l'année précédente Blatfrid , évêque de Bayeux. La crainte de ces barbares obligea les moines de Saint-Denis en France à transférer les reliques des saints martyrs à Nogent , une de leurs terres dans le Hurepoix. D'autres Normands ayant fait le tour de l'Espagne, entrèrent par le Rhône, pillèrent quelques villes et quelques monastères, et s'établirent dans la Camargue. De là ils remontèrent le Rhône jusqu'à Valence, et, ayant pillé tout le pays aux environs, ils revinrent à leur logement. De Provence ils passèrent en Italie jusqu'en Toscane, prirent Pise et d'autres villes, qu'ils pillèrent et ravagèrent.
Au mois de janvier huit cent soixante-un (2), les Normands qui étoient sur la Seine vinrent jusqu'à Paris, et brûlèrent quelques bâtiments de Saint-Germain-des-Prés, dont les moines se retirèrent dans leurs terres de Brie avec le corps du saint (3). Il en demeura vingt pour célébrer l'office le jour de Pâques ; et , comme ils chantoient matines dans l'église, ils furent attaqués par les ennemis , mais ils se sauvèrent avec un bonheur qui passa pour miraculeux.
(1) An. Berlin. 859,850.
(3) Ib. 851.
(3) Aimon.Par. iib.v,6.
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(1) Mabill. Praef. n. 51, n. 61. ^^,