II. Saint Ignace chassé
Mais ses mœurs ne répondoient pas à son
(i) Gang. Gloss. Gr.
Cenlen.
(3) Cedren. p. 54«.
(4; jN. 30.
amour pour les sciences. Outre son ambition sins bornes, il étoit débauché jusqu'à entretenir publiquement sa bru , après avoir chassé sa lemme légitime. Le patriarche Ignace ne put souffrir ce scandale (1). Il avertit Bardas, et l'exhorta d'avoir pitié de son àme ; mais ce césar, sans l'écouter, se présenta dans l'église pour participer aux saints mystères le jour de l'Epiphanie, sixième de janvier l'an huit cent cinquante-huit. Alors le piitriarche le retrancha de la communion , et liardas en furie le menaça de lui passer son épée au travers du corps. Mais Ignace, de son lOté , le menaça de la colère de Dieu. Depuis ce temps-là , Bardas ne chercha qu'à rendre Ignace suspect el odieux à l'empereur Michel; el enfin , le vingt-troisième jour de novembre, il le fit (îljasser du pillais patriarcal et reléguer dans l'île Tèrébinlhe.
A peine y avoit-ilétè trois jours, qu'on lui envoya les évêques estimés les plus considérables pour lui persuade rde céder au temps et de donner un acte de renonciation à son siège (2). Et toutefois ces mêmesév(k|ues avoient promis, par éerit et avec serment sur la sainte trinité, de ne jamais déposer le patriarche Ignace sans condamrialion canonique. Aussi leur voyage fut inutile. IMais ils revinrent, quelques jours après, avec des patrices el les plus considérables d entre les juges, et firent Ums leurs efforts, par promesses et par menaces , pour obliger Ignace à donner sa renonciation par écrit. Il demeura inébranlable. Cependant plusieurs év(^ques se plaignirent de l'injustice qu'on lui faisoit, et menaçoient de ne point reconnoître pour patriarche le successeur qu'on prétendroit lui doimer ; ce qui causeroit un schisme. Pour l'éviter. Bardas les prit en particulier, et promit à chacun d'eux le siège de Constanlinople s'ils vouloient abandonner Ignace. Ils y 'onsentirent à ce prix, et Bardas leur dit que 1 empereur leur liendroit parole, mais que , quand il les enverroil quérir pour leur offrir '*' siège de Constanlinople, ils dévoient par modestie faire semblant de le refuser. Ils en convinrent; l'empereur les manda chacun à part, leur fit offre, ils refusèrent; mais ils furent pris au mol, el firent inutilement celle bassesse.