XXVI. Le pape condamne Pholius
Après que les légats, pour la France, furent partis, plusieurs personnes venant à Rome de Constanlinople , dont quelques-uns fuyoient la persécution de Photius , publièrent la prévarication des légats qui y avoient été envoyés (1). Le papeenfut sensiblement aflligé, et commença à penser comment il effaceroit celte tache de l'église romaine. 11 assembla un concile de plusieurs provinces, d'abord dans l'église de Saint-Pierre; puis à cause du froid on passa dans l'église deLatran, ce qui montre quec'étoit l'hiver, et apparemment au commencement de l'an huit cent soixant(^-trois. En ce concile on lut les actes de celui de Constanlinople, et les lettres de l'empereur Michel , apportées par le secrétaire Léon , le tout traduit de grec en latin : on amena l'évêque Zacharie, le seul des légats qui étoit présent , car Kodoalde étoit en France. Zacharie fut examiné et convaincu , même par sa confession , d'avoir consenti à la déposition d'Ignace, et commuqué avec Photius contre les ordres du pape. Le concile prononça donc contre lui la sentence de déposition et d'excommunication ; et le jugement de Rodoalde fut remis à un autre concile , à cause de son abscHce.
Ce même concile prononça ainsi sur le fond de l'affaire de Conslantinople. Photius qui a tenu le parti des schismatiques et a quitté la milice séculière pour être ordonné évêque par Grégoire de Syracuse, condamné depuis lon;^lemps (2) ; qui, du vivant de notre confrère Ignace, patriarche de Conslantinople, a usurpé son siège , et est entré dans la bergerie comme un voleur : qui depuis a communiqué avec eeux q. l'a voit condamnés le pape Benoît, notre prédécesseur : qui, contre sa promesse, aas-